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springsteenEn deux soirs, 32 000 personnes l'ont ovationné à Bercy

Bruce Springsteen est de retour. Hier et mercredi, à la tête de son E-Street Band, dont il s'était séparé il y a dix ans, il a fait chavirer Bercy. Impérial et charismatique. Plus "boss" que jamais

A quatre mois de la cinquantaine, Bruce Springsteen, dit le "Boss", n'a pas pris un pouce de graisse. Au physique comme au mental. En deux soirs, 32 000 personnes ont pu le vérifier à Paris-Bercy, où il remontait au feu avec son mythique E-Street Band. "Une renaissance", comme il dit, après quinze années de compagnonnages et dix années de séparation.

Pas besoin d'une longue intro pou voir que la magie fonctionne à nouveau à plein entre les membres de la bande: les guitaristes Steve Van Zandt et Nils Lofgren, le saxophoniste Clarence Clemons, le pianiste Roy Bittan, le clavier et accordéoniste Danny Federici, la bassiste Garry Tallent, le batteur Max Weinberg, la choriste Patti Scialfa, par ailleurs épouse de Bruce. Une équipe de rêve pilotée au turbo, accompagnant au plus juste les orages électriques comme les ballades qui composent ce show de trois heures.

Springsteen pourrait se contenter d'aligner ses tubes à l'identiques. Eh ben non! Dans un décor à l'austérité spartiate (un simple rideau noir en fond de scène et des lumières pas cpécialement renversantes), c'est constamment à contrepied qu'il revisite son répertoire: volcanique goualante d'émeutier pour The ghost of Tom Joad, somptueuse versions acoustique et bluesy du fameux Born in the USA.

Lorsque Bruce proclamait en 1975 qu'il était né pour courir (Born to run, le titre de l'album qui le fit "exploser"), il ne mentait pas. C'est en marathonien qu'il conduit ses concerts. Mouillant littéralement sa chemise aux avant-postes; jouant de la voix du plus grave au plus aigu, du plus lent au plus emballé; naviguant royalement entre rock, folk, blues, country, soul et rythm'n'blues (ah, ce clin d'oeil au sex machine de James Brown!); attisant jusqu'à l'incandescence les duels de guitares avec Lofgren et Van Zandt; poussant ses acolytes à dialoguer avec lui au micro, un par un, jusqu'à un final en choeur a vous coller le frisson.

L'une des qualités premières de Springsteen, c'est bien la générosité. L'invitation faite à son compatriote Elliot Murphy, injustement méconu aujourd'hui, de le rejoindre sur Hungry Heart en est la parfaite illustration. Par-delà la longueur inhabituelle et la qualité d'un show époustouflant, qui a fait se lever tout Bercy en une énorme ovation.