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Le moment est venu de fermer les livres. Allons tout de suite au but, le spectacle de l'année s'est arrêté, à la Place Banque Scotia, hier soir. Ce même spectacle a révélé une belle et grande surprise à la fin.

Survoltée, cette prestation de Bruce Springsteen et de son E Street Band. Surtout magique, comme son titre. Et à des années-lumières de sa grand-messe, célébrée en 2005 et où le "Boss" s'était retrouvé avec les chansons de Devils & Dust et de son répertoire intime. Bref, du rock au premier degré.

Une trentaine de minutes avant le spectacle, l'anxiété était palpable chez les 15 000 inconditionnels, la grande majorité ayant passé la majeure partie de la soirée, debout, incapable de résister à cette performance. Palpable aussi devant le comptoir à bières et à dérivés. Palpable dans les couloirs de l'amphithéâtre.

C'est devenu une fâcheuse habitude, les spectacles commencent de plus en plus retard, en bordure de la 417. L'attente a été longue et elle a finalement été rompue par une étrange musique de cirque, rappelant Asbury Park, là où tout a commencé pour Springsteen.

Quelques cris au micro et voilà, c'est parti. La voix est toujours si particulière. Le phrasé, autant. La musique elle, est puissante.

Les premiers accords de Radio Nowhere retentiront aux quatre coins de la place. Les trois journées de repos depuis le spectacle à East Rutherford ont semble-t-il été bénéfiques au "patron" et à ses cols bleus. Radio Nowhere est le premier extrait de Magic. Et si la chanson est entraînante sur disque, elle l'est autant sur scène. Elle atteindra son zénith avec le premier solo de saxophone de Clarence Clemons. On le reverra plus tard, et souvent à part ça, le brillant musicien doté d'une forte présence scénique. Tout à fait le contraire du bassiste, Garry Talent, stoïque à la manière de Bill Wyman, l'ancien des Stones.

Rien n'arrête Springsteen

Springsteen peut compter sur de solides musiciens. Très expérimentés, tous étant quinquagénaires, sauf bien sûr la violoniste, Soozie Tyrell, une invitée de marque de cette tournée et grande amie de la conjointe de l'ami Bruce.

Ce même Bruce a été difficile à suivre dans ses choix de chansons. Il a pigé partout, mais surtout dans le dernier, Magic. Certaines sélections étaient inévitables, mais d'autres beaucoup moins.

Radio Nowhere chose du passé, voici The Ties That Bind, du mythique, The River. Une chanson peu visitée par Springsteen en spectacle et c'est dommage. Arrive Lonesome Day puis l'archi-politisée, Gypsy Rider et la dramatique, Magic. L'intro était prenante avec ses guitares sèches et le violon de Mme Tyrell.

Rien n'arrête Springsteen. Il passe de la guitare à l'harmonica et il se déplace constamment sur scène. Voilà qui est encourageant. L'artiste a 58 ans. Il est le seul à être au courant de sa recette. En tout cas, il ne fait pas son âge. Faut croire que les belles chansons gardent jeune.

Car Springsteen a de très belles chansons dans un des répertoires les plus hétéroclites du milieu. Il y a de quoi être impressionnés quand lui et ses musiciens passent de Devil's Arcade à The Rising. Ne l'oublions pas, pièce après pièce, il y a toujours un quatuor de guitaristes qui s'exécutent, de quoi mener parfois vers de grandes harmonies.

La soirée s'est déballée à la vitesse de l'éclair. Soudainement, on a entendu Badlands. Un signe. Un mauvais signe. La fin approche.

La fin oui, mais aussi la série de rappels. Là, Springsteen est unique. On entend les premiers accords de Girls In Their Summer Clothes. Il se fait tard et l'heure de tombée approche. On est bon pour une autre, peut-être deux.

Arcade Fire

Oh surprise, voici Win Butler et Régine Chassagne, d'Arcade Fire pour l'interprétation de Thundercrack. Double surprise, Springsteen, Butler et Chassagne ont fait Keep The Car Running, du groupe montréalais.

L'heure de tombée nous guette et ce sera tout pour nous, après Born To Run, toujours d'actualité, malgré son âge avancé.