Presse - TV - Radios


Remember P.F. Sloan? Sure you do. It was back when every folk rocker worth his harmonica holder was flushed with Dylan fever and seeing how many syllables he could cram into every involuted couplet. There was Tandyn Almer, of "Along Comes Mary" fame ("The psychodramas and the traumas hung on the scars of the stars in the bars and cars" something like that), and David Blue had his own Highway 61 too, but absolutely none of 'em could beat ol' P.F. He started out writing surf songs, but shook the world by the throat with his masterpieces "Eve Of Destruction" and "Sins of a Family," and all his best material was just brimming with hate.

Boy howdy, the first thing the world needs is a P.F. Sloan for 1973, and you can start revving up yer adrenaline, kids, because he's here in the person of Bruce Springsteen. Old Bruce makes a point of letting us know that he's from one of the scuzziest, most useless and plain uninteresting sections of Jersey. He's been influenced a lot by the Band, his arrangements tend to take on a Van Morrison tinge every now and then, and he sort of catarrh-mumbles his ditties in a disgruntled mushmouth sorta like Robbie Robertson on Quaaludes with Dylan barfing down the back of his neck. It's a tuff combination, but it's only the beginning.

Because what makes Bruce totally unique and cosmically surfeiting is his words. Hot damn, what a passel o' verbiage! He's got more of them crammed into this album than any other record released this year, but it's all right because they all fit snug, it ain't like Harry Chapin tearing rightangle malapropisms out of his larynx. What's more, each and every one of 'em has at least one other one here that it rhymes with. Some of 'em can mean something socially or otherwise, but there's plenty of 'em that don't even pretend to, reveling in the joy of utter crass showoff talent run amuck and totally out of control:

"Madman drummers bummers and Indians in the summer with a teenage diplomat/In the dumps with the mumps as the adolescent pumps his way into his hat" begins the very first song, and after that things just keep getting more breathtakingly complicated. You might think it's some kinda throwback, but it's really bracing as hell because it's obvious that B.S. don't give a shit. He slingshoots his random rivets at you and you can catch as many as you want or let 'em all clatter right off the wall which maybe's where they belong anyway. Bruce Springsteen is a bold new talent with more than a mouthful to say, and one look at the pic on the back will tell you he's got the glam to go places in this Gollywoodlawn world to boot. Watch for him; he's not the new John Prine.


Greetings From Asbury Park, NJ

Vous vous souvenez de P.F. Sloan ? Oui certainement. C’était à l’époque où tout rocker folk digne de son porte harmonica, était grisé par la fièvre de Dylan et par le nombre de syllabes qu’il avait pu caser dans chaque couplet alambiqué. Il y avait Tandyn Almer, celui du fameux "Along Comes Mary" (""The psychodramas and the traumas hung on the scars of the stars in the bars and cars" – quelque chose comme ça) et David Blue avait sont propre Highway 61 aussi mais absolument aucun d’eux ne pouvait surpasser le vieux P .F..Il a commencé par écrire des chansons sur le surf mais avait pris le monde à la gorge avec ses chefs d’œuvre "Eve Of Destruction" et "Sins of a Family,"et toutes ses meilleures chansons ne faisaient que déborder de haine.

Ouais, la première chose dont me monde a besoin pour 1973 est un P.F. Sloan et vous pouvez commencer à faire monter votre adrénaline, les gars, parce qu’il est là en la personne de Bruce Springsteen. Le vieux Bruce se fait un point d’honneur à nous faire savoir qu’il vient d’un des coins des plus crades, des plus nuls et des plus quelconques du New Jersey. Il a beaucoup été intéressé par le Band, ses arrangements ont de temps en temps tendance à se tinter des nuances à la Van Morrisson et c’est comme s’il marmonnait le nez pris ses chansonnettes dans un mécontentement la bouche pleine qui ressemble à celui de Robbie Robertson sous Quaaludes avec Dylan lui dégueulant dans le cou. C’est une méchant mélange mais ce n’est que le début.

Parce ce qui rend Bruce totalement unique et qu’il surclasse cosmiquement ce sont ses textes. Fichtre quel amas de verbiages. Il en a plus de casés dans son album que n’importe quel autre album sorti cette année, mais ça va parce qu’ils forment tous quelque chose d’onctueux. Ce n’est pas comme Harry Chapin éructant des malaproprismes anguleux de son larynx. De surcroit, chacun d‘entre eux en a au moins un autre avec lequel il rime. Certains ont une signification sociale sinon mais il y en a beaucoup d’autres qui n’ont même pas cette prétention, révélant dans la joie un talent parfaitement brut de frimeur débridé et hors de contrôle:

Madman drummers bummers and Indians in the summer with a teenage diplomat/In the dumps with the mumps as the adolescent pumps his way into his hat" entame la toute première chanson et ensuite ces trucs ne font que gagner en complexité à vous couper le souffle. Vous pourriez penser que c’est un peu ringard mais ça vous secoue vraiment d’enfer car il est évident que B.S. s’en fout. Il vous catapulte ses rivets perdus et vous pouvez en attraper autant que vous voulez ou les laisser valdinguer droit dans le mur où peut être c’est là qu’ils trouvent leur place de toute façon. Bruce Springsteen est un nouveau talent culoté, ce qui n’est pas peu dire et un coup d’oeil à la photo à l’arrière vous indiquera qu’il a le peps pour aller s’aventurer dans ce Gollywoodlawn à secouer. Suivez-le, ce n’est pas le nouveau John Prine.

Merci à Philippe!