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The leader of the free world returns with his 17th studio album.

On Easy Money, the second song on Wrecking Ball, Bruce Springsteen does as he often does: he licks the air and takes the temperature of the age. "We’re going on the town now," he sings, "looking for easy money." He then adds that "When your whole world comes tumbling down… all them fat cats, they’ll just think it’s funny." If in years to come seats of high learning devote degree courses to Springsteen’s work, there may well be a credit to be earned examining just why, when it comes to lyrics, there are no flies on The Boss.

For years now he and his E Street Band have toured in a private jet; in 2009, a special plea had to be made for him and the group to appear at Glastonbury, as that festival’s appearance fees are markedly lower than he is used to. The man is, by any measure, a member of the Golden Circle of Rock Stars. But at no point in his towering career has there ever been the impression that the songs Bruce Springsteen sings come from the mouth of a multi-millionaire.

The release of Wrecking Ball ushers in another remarkable notion: that when married to its two predecessors – 2007’s Magic and Working on a Dream, released two years later – Springsteen currently finds himself in a vein of form equally as rich as that mined in the period between 1975 and 1980, covering the classic albums Born to Run, Darkness on the Edge of Town and The River. But while the emotional parameters are here the same as they ever were – characters in pursuit of love and justice told from a viewpoint of instinctive moral alliance with the underdog – musically this is a work that is as varied and surprising as any to which its author has placed his name.

It may be odd that despite his worldwide appeal, and his experience of this world, Bruce Springsteen never takes his stories outside of the USA – here the settings stretch from New Jersey’s Meadowlands to the New Orleans Superdome, but not much further. But when it comes to the songs that carry these stories, the range is rich and varied. Taking his cues from the Celtic feel of We Shall Overcome: The Seeger Sessions, as well as heartland rock and the soul music of urban America, this is the sound of disparate compositions that somehow exist in a unified setting.

Featuring contributions from (among others) Rage Against the Machine’s Tom Morello as well as the late Clarence Clemons, by way of the Victorious Gospel Choir, Wrecking Ball is a work of commanding range and masterful execution. The fact that it comes from a man who exclusively seems to become more commanding with age only adds to its magnificent appeal.


Bruce Springsteen, Wrecking Ball, Critique

Le leader du monde libre revient avec son 17ème album studio.

Dans Easy Money (Argent facile), la deuxième chanson de l’album Wrecking Ball, Bruce Springsteen fait comme bien souvent : il hume l’air et prend la température de l’époque. « Nous allons en ville maintenant », chante-t-il, « chercher de l’argent facile ». Puis il ajoute que « Lorsque votre univers entier vient à s’écrouler… tous ces gros bonnets pensent juste que c’est marrant ». Si dans les années à venir de hauts lieux du savoir consacrent un cycle universitaire au travail de Springsteen, il pourrait bien y avoir une UV à gagner en étudiant pourquoi, pour ce qui est des paroles, le Boss vise toujours juste.

Depuis des années maintenant il tourne avec son E Street Band en jet privé ; en 2009, une requête spéciale a dû lui être faite, ainsi qu’au groupe, pour passer à Glastonbury, car les cachets pour ce festival sont manifestement en dessous de ses habitudes. L’homme est, sans conteste, membre du cercle d’or des stars du rock. Mais à aucun moment dans son imposante carrière a-t-on eu l’impression que les chansons que chante Bruce Springsteen sortent de la bouche d’un multimillionnaire.

La sortie de Wrecking Ball introduit une autre notion remarquable : alors qu’il était lié à ses deux prédécesseurs (Magic en 2007 et Working on a Dream, sorti deux ans plus tard), Springsteen se trouve en ce moment dans un filon créatif aussi riche que celui qu’il a exploité dans la période de 1975 à 1980, qui inclut les classiques Born to Run, Darkness on the Edge of Town et The River. Mais, alors que les paramètres émotionnels sont ici les mêmes que d’habitude (des personnages en quête d’amour et de justice racontés du point de vue de l’alliance morale instinctive avec l’opprimé), musicalement c’est une œuvre plus surprenante et variée qu’aucune autre sur laquelle son auteur ait apposé son nom.

Il peut paraitre étrange qu’en dépit de son succès mondial, et de son expérience de ce monde, Bruce Springsteen n’emmène jamais ses histoires hors des USA : ici les décors vont des Meadowlands du New Jersey au Superdome de la Nouvelle Orléans, mais pas beaucoup plus loin. Mais en ce qui concerne les chansons qui portent ces histoires, la gamme est riche et variée. S’inspirant des accents celtes de We Shall Overcome : The Seeger Sessions, aussi bien que du rock de l’Amérique profonde et de la musique soul des villes, c’est le son de compositions hétérogènes qui parviennent à exister dans un cadre unique.

Avec des contributions (entre autres) de Tom Morello de Rage Against the Machine, ainsi que du regretté Clarence Clemons, par l’intermédiaire du Victorious Gospel Choir, Wrecking Ball est une œuvre parfaitement maitrisée et à l’exécution magistrale. Le fait qu’elle vienne d’un homme dont la maitrise augmente avec l’âge ne fait qu’ajouter à son magnifique attrait.

Merci à Liocach!