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100 GREATEST ARTISTS : Bruce Springsteen (23th)

 

In many ways, Bruce Springsteen is the embodiment of rock & roll. Combining strains of Appalachian music, rockabilly, blues and R&B, his work epitomizes rock's deepest values: desire, the need for freedom and the search to find yourself. All through his songs there is a generosity and a willingness to portray even the simplest aspects of our lives in a dramatic and committed way. The first time I heard him play was at a small club, the Bitter End in New York, where he did a guest set. It was just an amazing display of lyrical prowess. I asked him where he was from, and he sort of grinned and said he was from New Jersey.

 

The next time I saw him play it was with his band, the one with David Sancious in it. I'd never seen anybody do what he was doing: He would play acoustic guitar and dance all over the place, and the guitar wasn't plugged into anything. There wasn't this meticulous need to have every note heard. It filled that college gym with so much emotion that it didn't matter if you couldn't hear every note.

 

A year or so later I saw him play in L.A., with Max Weinberg, Clarence Clemons and Steve Van Zandt in the band, and it was even more dramatic — the use of lights and the way it was staged. There were these events built into the music. I went to see them the second night, and I guess I expected it to be the same thing, but it was completely different. It was obvious that they were drawing on a vocabulary. It was exhilarating, and at the bottom of it all there was all this joy and fun and a sense of brotherhood, of being outsiders who had tremendous power and a story to tell.

 

Bruce has been unafraid to take on the tasks associated with growing up. He's a family man, with kids and the same values and concerns as working-class Americans. It runs all through his work, the idea of finding that one person and making a life together. Look at "Rosalita": Her mother doesn't like him, her father doesn't like him, but he's coming for her. Or in "The River," where he gets Mary pregnant and for his 19th birthday he gets a union card and a wedding coat. That night they go to the river and dive in. For those of us who are ambivalent about marriage, the struggle for love in a world of impermanence is summed up by the two of them diving into that river at night. Bruce's songs are filled with these images, but they aren't exclusively the images of working-class people. It just happens to be where he's from.

 

Bruce has all kinds of influences, from Chuck Berry and Gary U.S. Bonds to Bob Dylan and Woody Guthrie. But he's also a lot like Montgomery Clift, Marlon Brando and James Dean — people whose most indistinct utterances have been magnified to communicate volumes. He is one of the few songwriters who works on a scale that is capable of handling the subject of our national grief and the need to find a response to an event like September 11th. His sense of music as a healing power, of band-as-church, has always been there. He's got his feet planted on either side of that great divide between rebellion and redemption.


Les 100 plus grands chanteurs : Bruce Springsteen (23ème place)

 

De bien des manières, Bruce Springsteen est l’incarnation du rock & roll. En combinant les accents de la musique des Appalaches, le rockabilly, le blues et le R&B, son œuvre symbolise parfaitement les valeurs du rock les plus profondes : l’envie, le besoin de liberté et la recherche de soi-même. Dans toutes ses chansons, il y a une générosité et une volonté de décrire les aspects les plus élémentaires de nos vies, d’une manière dramatique et engagée. La première fois que je l’ai entendu jouer, c’était dans une petite salle, le Bitter End[i] à New York, où il était en première partie. C’était juste une prouesse vocale incroyable. Je lui ai demandé d’où il venait, il a plus ou moins souri et m’a dit qu’il était du New Jersey.

La fois suivante, je l’ai vu jouer avec son groupe, celui avec David Sancious. Je n’avais jamais vu quelqu’un faire ce qu’il faisait : il jouait de la guitare sèche, et dansait de partout, et la guitare n’était pas branchée. Il n’avait pas ce besoin professionnel que toutes les notes soient entendues. Il y avait tant d’émotions dans le gymnase qu’entendre toutes les notes n’était pas important.

 

Environ un an plus tard, je l’ai vu jouer à Los Angeles, avec Max Weinberg, Clarence Clemons et Steve Van Zandt dans le groupe, et c’était encore plus spectaculaire – de par l’utilisation des éclairages et la mise en scène. Il se passait quelque chose avec la musique. J’y suis retourné le deuxième soir, et je pensais que ce serait la même chose, mais c’était complètement différent. Il était évident qu’ils jouaient avec les mots. C’était exaltant, et juste en dessous, il y avait toute ce plaisir et cet amusement et un sens de la fraternité, d’être les outsiders ayant une puissance phénoménale et une histoire à raconter.

 

Bruce n’a pas eu peur d’assumer les tâches confiées aux adultes. Il est attaché à la famille, il a des enfants, et les mêmes valeurs et les mêmes soucis que les ouvriers américains. On retrouve dans son œuvre l’idée de trouver cette personne et de vivre avec. Dans Rosalita par exemple : sa mère ne l’aime pas, son père ne l’aime pas, mais il vient pour elle. Ou dans The River, où il a mis Mary enceinte, et pour son dix-neuvième anniversaire, il eut une carte du syndicat et un costume de marié. Cette nuit-là, ils sont allés à la rivière, et ont plongé. Pour ceux d’entre nous qui sont partagés sur le mariage, la lutte pour l’amour dans un monde éphémère se résume par le plongeon de ces deux personnes dans la rivière à la nuit. Les chansons de Springsteen sont pleines de ce genre d’images, mais ce ne sont pas exclusivement des images d’ouvriers. Ce sont celles de là où il vient.

 

Bruce a été très influencé, de Chuck Berry et Gary U.S Bonds à Bob Dylan et Woody Guthrie. Mais il est aussi un peu comme Montgomery Clift, Marlon Brando et James Dean – des gens dont les expressions les plus confuses ont été amplifiées pour leur donner de la puissance. Il est l’un des rares paroliers travaillant à un niveau capable de traiter des sujets de nos douleurs nationales, et le besoin de trouver une réponse à un évènement comme le 11 septembre. Comme les groupes de gospel, il a toujours considéré que la musique avait un pouvoir de guérison. Il a les deux pieds plantés de chaque côté de cette grande séparation entre la rébellion et la rédemption.



[i] Créé en 1961, le Bitter End est le plus vieux club de rock’n’roll de New York.

 

Merci à Fabienne et son dico !