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FIVE STARS

When you tell people how good Bruce Springsteen’s new album is, they take some convincing.

« All folk songs? All old? Written by, who was it, Woody Guthrie? »

« No, Pete Seeger. »

« Oh I know. We’ve got tonight, who needs tomorrow – »

« That’s Bob Seger. This is Pete. He’s an 86-year-old protest singer. And he didn’t actually write the songs, he just sang them. »

« So who did write them? »

« It’s quite hard to say… »

The album (We Shall Overcome, on Columbia, reviewed last month) does sound earnest, until you listen to it. Once you discover how much fun Springsteen has had with these traditional tunes, all resistance melts. More than any of his albums, this one captures the contagious warmth of his concerts.

To make it work live, he probably just had to turn up, but the Boss doesn’t know how to give less than his all. This time last year, he played the Albert Hall on his own, creating a powerful intimacy; now he has gone to the other extreme, bringing 19 musicians and turning the former Hammersmith Odeon into a hoe-down.

The tone is set before he opens his mouth, with short, spirited solos from the honky-tonk pianist and the fiddler. The band launches in with the accordion taking the lead, then the horns (which include a tuba). The tune is O Mary Don’t You Weep, the fourth track on the album, sent up the order because it’s stronger than the first three.

There are a multitude of Marys in Springsteen’s songs, but this one is different: it’s Mary the sister of Martha from the New Testament. The song, a negro spiritual from the age of slavery, swells and swings and galvanises 5,000 21st-century Londoners, very few of whom are black.

The only worry is that Springsteen might have played all his trumps too early, but the band has terrific range and he uses it to switch genres, often in mid-song. This is folk with lashings of jazz, gospel, Cajun and country. The musicians are male, female, black, white, old and young, the gene pool Yiddish, Irish, English and Afro-American. Springsteen’s inclusiveness has reached new heights.

By re-arranging several songs, simplifying here, amplifying there, he makes them his own. By choosing them carefully, he makes them topical. Mrs McGrath, a mother’s lament from the Napoleonic Wars, clearly alludes to Iraq, while My Oklahoma Home, about losing everything but the mortgage, conjures up Hurricane Katrina. These are hymns ancient and modern.

Rather than reverence, they are treated with exuberance. The gospel songs have a whiff of the bar as well as the choir, and Springsteen’s voice, often sombre in the past 20 years, reverts to the delirious holler of his youth. The fans pick up the mood, singing and swaying like a football crowd saying goodbye to their ground.

The evening peaks in six different places, with the beautiful sadness of Eyes On The Prize, the surging joy of Erie Canal and Jacob’s Ladder, the bold jump-blues of Open All Night, the raucous thump of Pay Me My Money Down and the churchy stillness of My City Of Ruins. It closes with a masterclass in musical restoration as Springsteen and an outstanding backing singer, Marc Anthony Thompson, take the old chestnut When The Saints, strip it down and find its soul. The crowd go out into the night not just humming but throbbing, having seen the gig of the year so far.


Bruce Springsteen We Shall Overcome: The Seeger Sessions Columbia, Sortie demain

CINQ ETOILES

Quand vous dites aux gens à quel point le nouvel album de Bruce Springsteen est bon, ils demandent à être convaincus.

« Que des chansons folk ? Toutes anciennes ? Ecrites par qui, Woody Guthrie ? »

« Non, par Pete Seeger ».

« Ah oui, je connais… : We’ve got tonight, who needs tomorrow »

« Non, ça c’est de Bob Seeger. Là c’est Pete. C’est un chanteur protestataire qui a 86 ans. Et il n’a pas vraiment écrit de chansons. C’est juste un interprète ».

« Alors, qui les a écrites ? »

« C’est difficile à dire. »

L’album (We Shall Overcome, Colombia) semble honnête jusqu’à ce vous l’écoutiez et que vous découvriez le plaisir que Springsteen a pris avec des morceaux traditionnels, tous des chants de résistance. Plus que n’importe lequel de ses albums, celui-ci restitue la chaleur communicative de ses concerts.

Pour un live réussi, le Boss n’a qu’à faire acte de présence, mais c’est trop peu pour quelqu’un qui ne sait que donner sans compter. L’année dernière, il s’est produit en solo à l’Albert Hall, et a créé une formidable intimité avec le public. Aujourd’hui, c’est l’opposé, et entouré de 19 musiciens, et il transforme l’Hammersmith Odeon en un bal populaire.

Le ton est donné avant même d’ouvrir la bouche avec les solos honky-tonk inspirés du piano et du violon. Les autres instruments les rejoignent, emmenés par l’accordéon, puis les cuivres (y compris un tuba). Le titre puissant O Mary Don’t You Weep, en quatrième place sur l’album, devient ici numéro un.

Il y a beaucoup de Mary dans les chansons de Springsteen, mais celle-ci est différente : il s’agit de Marie, la sœur de Marthe dans le Nouveau Testament. La chanson, un negro-spiritual datant de l’époque de l’esclavage, qui entraîne dans sa force et son swing 5 000 Londoniens du 21ème siècle, dont très peu sont noirs.

On peut s’inquiéter que Springsteen ait abattu tous ses atouts trop tôt, mais le groupe sait tout faire et passe même d’un genre à l’autre au beau milieu d’une chanson. C’est du folk, teinté de jazz, de gospel, de musique cajun et de country. Les musiciens sont des hommes, des femmes, noirs, blancs, des vieux, des jeunes, Yiddish, Irlandais, Anglais, Afro-Américains. L’esprit d’intégration de Springsteen a atteint de nouveaux sommets

En réarrangeant plusieurs chansons, plus simples pour certains, plus appuyées pour d’autres, il se les approprie. Son choix judicieux, accentue leur typicité. Mrs McGrath, la complainte d’une mère pendant les guerres Napoléoniennes, rappelle l’Irak, alors que My Oklahoma Home, sur la perte et la ruine, rappelle Katrina. Ces hymnes sont anciens et modernes.

Les chansons sont traitées avec exubérance. Les gospels ont des relents de bistrot, mais aussi de chorale, et la voix de Springsteen, souvent sombre au cours des 20 dernières années retrouve le braillement délirant de sa jeunesse. Les fans ne s’y trompent pas et chantent et se balancent tels des supporters de foot en délire.

La soirée offre six points culminants grâce à la tristesse magnifique de Eyes On The Prize, la joie d’Erié Canal et Jacob’s Ladder, le blues audacieux sur Open All Night, le rocailleux et puissant Pay Me My Money Down et le calme religieux de My City Of Ruins. La soirée s’achève avec un coup de maître en matière de reprise quand Springsteen et un extraordinaire choriste Marc Anthony Thompson mettent à nu When The Saints et lui rendent son âme. La foule sort de la salle en fredonnant, vibrant encore d’avoir vu le concert de l’année.

Merci à Dominique !