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FIVE STARS

Coming just after Led Zeppelin’s reunion, another one-off gig at the O2 Arena might be considered an anti-climax. But Bruce Springsteen doesn’t do anti-climaxes.

London has seen a lot of him lately, with shows at the Albert Hall in 2005, at Hammersmith and Wembley last year, and now at the largest venue in town. Four stages, all dissimilar, and Springsteen has mastered the lot.

In 2005 he performed solo, delivering a pensive evening, occasionally lit up with exuberance. Last year he brought a rumbustious 19-piece folk ensemble, and now he has reassembled the E Street Band, the most durable, lovable backing group in rock.

There are tedious queues to get in, as when you land at an American airport. The band make up for it by hitting the stage running, ricocheting straight from the adrenaline shot of Radio Nowhere to the cheery clarion call of No Surrender and the cascading psychodrama of Night.

When each song ends, one of the four guitarists has already swapped instruments with a roadie, ready to launch into the next one. It’s a guitar relay, a simple but effective device which takes organisation and skill and makes for a storming start.

Springsteen’s new album, which wraps political lyrics in comfortable tunes, is called Magic, but there’s no sorcery in his handling of a live audience. As he told Esquire magazine (US) two years ago, every performance is a quest: ‘I’m searching for the invisible thread of energy and inspiration or soul … that [will make] a song explode to life… Sometimes it can take you through all 25 songs… Sometimes you're looking for it again after one.’

Here, the thread is never lost. It slackens a little 20 minutes in, during the workmanlike Lonesome Day and the brooding Gypsy Biker, but soon tightens again with the controlled fury of the title track of Magic. In Springsteen’s early work, politics means workplace relations; nowadays, he tackles civil rights and foreign policy. His beliefs are straightforward: liberty, integrity, fraternity.

Introducing Magic, he mentions how grim it has been ‘for the last six years under George Bush’ – the lies told, the liberties curtailed. The fans cheer, but one keeps conspicuously quiet. It’s Geoff Hoon, the Labour chief whip, who, as Tony Blair’s defence secretary, played his part in misleading us into Iraq.

As the song ends, Hoon slips out. In a perfect world, he would be off to No 10 to resign, having seen the light. In the world we live in, he returns with a beer; later he dances, reassuringly badly.

The tempo rises again with the spooky rockabilly of Reason To Believe and the perfect rousing pop-rock of Because The Night. These are among 13 songs we get from 1975-84, while the other 12 are all post-2001. Springsteen is serving up two versions of himself: the young thruster bursting with a ‘roaring confusion’, as he once put it, and the reflective, politicised, still passionate veteran.

Devil’s Arcade stands out among the new tracks, while the best of the oldies is the epic ballad Racing In The Street. It’s a young man’s song, about cars and girls and broken dreams, so it gains a layer of pathos from being sung by a 58-year-old whose voice, somehow, is still getting richer.

There are many things Springsteen doesn’t do. He doesn’t change his image: his idea of a wardrobe update is to wear dark-blue jeans rather than black. He has no set, preferring to pack in 500 fans behind him. The lighting is rudimentary and the video screens are just communal binoculars, showing us the band’s faces. If there are more chins these days, the eyes are still alight with commitment and camaraderie.

Although concessions have been made to the advancing years – no more knee slides, no four-hour shows – there’s still time for a six-song encore. The sunny Girls In Their Summer Clothes starts a mass singalong which runs through the bombastic-but-beloved Jungleland and the unstoppable Born To Run. Then there’s a breezy Dancing In The Dark, a delirious American Land, and a jokey Santa Claus Is Coming To Town.

It’s not the biggest concert yet staged at the O2, but it is the best.


Bruce Springsteen et l’E Street Band O2 Arena, Londres

CINQ ETOILES

Juste après la reformation de Led Zeppelin, un autre show exceptionnel au O2 Arena pourrait être considéré comme un anti-climax. Mais avec Bruce Springsteen, il n’y a jamais d’anti-climax.

On l’on beaucoup vu à Londres dernièrement, avec des concerts au Royal Albert Hall en 2005, Hammersmith et Wembley l’année dernière, et aujourd’hui dans la plus grande salle de la ville. Quatre scènes, toutes différentes, sur lesquelles Springsteen a régné en maître.

En 2005, lors d’un concert en solo, il a offert une soirée tranquille, avec quelques moments d’exubérance. L’année dernière, il arriva avec une bruyante formation folk de 19 musiciens, et aujourd’hui il reforme l’E Street Band, le groupe le plus ancien et attachant de l’histoire du rock.

Faire la queue pour rentrer est aussi pénible qu’à l’arrivée dans un aéroport américain. C’est vite oublié lorsque le groupe arrive sur scène, en courant et bondissant porté par l’adrénaline délivrée par Radio Nowhere, suivie par l’entraînant coup de clairon de No Surrender et psychodrame de Night.

A la fin de chaque chanson, l’un des quatre guitaristes a déjà changé sa guitare, pour enchaîner aussitôt. C’est simple mais efficace avec organisation et adresse ça garantit un démarrage sur les chapeaux de roue.

Le nouvel album de Springsteen qui associe des textes politiques et des mélodies agréables s’appelle Magic, mais son contact avec le public ne relève d’aucun tour de magie. Comme il l’a expliqué au magazine américain Esquire il y a deux ans, chaque prestation est une quête : « Je recherche une fibre d’énergie et d’inspiration ou d’âme invisible … qui [permettra] à une chanson de prendre vie dans une explosion… Parfois, elle ne vous quitte pas pendant 25 chansons … Parfois il faut la retrouver après chaque chanson. »

Ici, la fibre n’est jamais cassée. Elle se relâche un peu pendant 20 minutes pendant le laborieux Lonesome day et le sombre Gypsy Biker, mais elle se resserre très vite avec la furie contrôlée du titre phare, Magic. Chez Springsteen à ses débuts, la politique se situait au niveau des relations de travail ; aujourd’hui, il s’attaque aux droits civiques et à la politique étrangère. Ses convictions sont claires : liberté, intégrité, fraternité.

En présentant Magic, il parle du sentiment menaçant qui règne « depuis les six dernières années sous l’administration Bush » - les mensonges, l’atteinte aux libertés. Les fans applaudissent, mais l’un d’entre eux reste silencieux. Il s’agit de Geoff Hoon, chef du parti travailliste et ministre de la défense de Tony Blair, partiellement responsable de notre égarement en Iraq.

Lorsque la chanson se termine, Hoon s’éclipse. Dans le meilleur des mondes, il irait au 10 Downing Street présenter sa démission, après avoir eu une révélation. Mais dans le monde qui est le nôtre, il revient, une bière à la main. Plus tard il se mettra à danser… heureusement fort mal !

Le tempo augmente avec Reason To believe, dans un rockabilly à vous donner la chair de poule et une version absolument parfaite et tonique de Because The Night. Ces titres font partie des 13 chansons de la période 1975-1984, alors que les 12 autres sont tous postérieurs à 2001. Springsteen offre deux facettes de lui-même : le chanteur jeune et bondissant qui explose « dans une rugissante confusion », comme il s’est un jour défini, et le vétéran toujours passionné, mais plus réfléchi et politisé.

Parmi les nouveaux titres, c’est Devil’s Arcade qui se distingue, alors que parmi les anciens titres on retient la ballade épique Racing in the Street. L’histoire d’un jeune homme, de voitures, de filles et de rêves brisés est plus émouvante encore quand elle est chantée par un Boss de 58 ans dont la voix continue de s’enrichir.

Il y a beaucoup de choses que Springsteen ne fait pas. Il ne change pas son image ; changer sa garde-robe pour lui, c’est passer des jeans noirs aux jeans bleus foncés. Il n’a pas de décor, préférant embarquer avec lui les 500 fans qui sont derrière la scène. L’éclairage est rudimentaire et les écrans vidéo servant uniquement de loupe nous offrent le visage des membres du groupe, dont on voit dans leur regard que leur engagement et leur amitié sont toujours intacts.

Bien que quelques concessions aient été faites au fil des années –plus de glissades sur les genoux, plus de spectacles de quatre heures – le rappel amène tout de même 6 chansons. Le public commence à chanter sur le titre ensoleillé Girls In their Summer Clothes, et enchaine avec le pompeux mais très apprécié Jungleland, et le fougueux Born to Run. Suivent ensuite un rafraîchissant Dancing in the Dark, un délirant American Land et un facétieux Santa Claus Is Coming To Town.

Ce n’est pas le plus grand concert joué à ce jour au O2, mais c’est le meilleur.

Merci à Dominique et Christine !