Presse - TV - Radios


FOUR STARS

Ever since 1982, when he followed the surefire success of The River with the startling bleakness of Nebraska, Bruce Springsteen has been running two careers. One is in rock, the other folk; one is that of a mainstream superstar, the other that of a liberal activist, a lonely thing to be in today’s America.

Last year, with The Seeger Sessions, he finally reconciled the two sides of his persona. He released a bunch of angry old folk songs, took an 18-piece band on the road, and performed with such exuberance that his fans had a ball.

Having brought some fun to his inner folkie, he is now doing something similar with his stellar self. He has reconvened the E Street Band for the first time since 2002 and added a sharp political edge to their big-band, good-time sound.

The tunes here are big and uncomplicated. Often the chorus is just the verse in light disguise, so you find yourself humming along within seconds. Of the first two tracks, one has a riff that evokes the Blue Oyster Cult classic Don’t Fear The Reaper, while the other has a chiming intro reminiscent of the Searchers’ Needles And Pins.

It’s as if Springsteen is determined to get back on the radio. Paradoxically, the song with which he makes this most obvious – the Oyster Cult homage, and first single – is Radio Nowhere, a rousing attack on the emptiness of American broadcasting.

If the tunes are comfort blankets, the words are wake-up calls. After getting his fingers burnt openly endorsing John Kerry, Springsteen has opted to slip back into the shadows of metaphor. Some of his redneck fans may not spot the politics at all. But Magic, like Born In The USA, is a title not to be taken at face value. It sounds celebratory when it’s really full of contempt.

The title track itself, an elegant chugging ballad in the line of I’m On Fire, contains no proper names, but surely deals with the tricks the Bush administration has played on the American people. ‘Trust none of what you hear,’ Springsteen murmurs, ‘and less of what you see… The freedom that you sought [is] drifting like a ghost among the trees.’

The Iraq war is not mentioned by name either, but amid Springsteen’s familiar characters and settings there are references to the desert and the wounded. Overtly on Devil’s Arcade, more obliquely on Last To Die, he channels his outrage into a stirring empathy.

There is personal stuff too, including a track called I’ll Work For Your Love which, with its fusion of the romantic and the work ethic, could have come from nobody else. He waxes wistful and elegiac as well as aggrieved.

Girls in Their Summer Clothes is one of his warmest tunes, Long Walk Home is noble and dignified, and Magic itself is a classic. Only two tracks fall flat, and only the sax solos feel dated. Springsteen sings beautifully throughout, his voice a touch more honeyed with each passing disc. At 58, he remains exceptionally alive.


Bruce Springsteen Magic Columbia, Sortie demain

QUATRE ETOILES

Depuis 1982, où l’austérité surprenante de Nebraska avait succédé au succès infaillible de The River, Springsteen poursuit deux carrières distinctes. L’une rock, l’autre folk, l’une est celle d’une vedette incontestée, l’autre est celle d’un activiste libéral, une espèce rare dans l’Amérique d’aujourd’hui.

L’année dernière avec les Seeger Sessions, il avait réussi à réconcilier les deux facettes de sa personnalité. Il avait sorti un album de chansons folk contestataires, suivi d’une tournée de 18 musiciens avec un spectacle qui avait comblé ses fans.

Après avoir ajouté la joie à son personnalité folk, il s’attache maintenant à faire la même chose avec sa personnalité stellaire. Il a reformé l’E Street Band pour la première fois depuis 2002 et a ajouté une note politique au son puissant qu’on leur connaît.

Les musiques sont fortes et simples. Souvent le refrain n’est qu’un couplet déguisé, et vous vous surprenez à le fredonner au bout de quelques secondes. Le riff du premier morceau n’est pas sans évoquer le classique Don’t Fear The Reaper de Blue Oyster’s Cult, alors que l’intro du deuxième morceau nous rappelle Neddles And Pins des Searchers.

On dirait que Springsteen a décidé de refaire des chansons pour les radios. Paradoxalement, la chanson qui s’y prêterait le mieux –hommage à Oyster Cult et premier single- est Radio Nowhere, une attaque enflammée contre le vide de la programmation de la radio américaine.

Enrobées de mélodies agréables, les paroles incitent à la prise de conscience : après son soutien malheureux du candidat John Kerry, Springsteen a opté pour un retour à la métaphore. Certains de ses fans n’identifieront pas la touche politique. Mais Magic, tout comme Born In The USA, est un titre à ne pas prendre au premier degré. Ca a l’air d’une célébration enthousiaste alors que c’est extrêmement critique.

Le titre Magic lui-même, une agréable ballade dans la lignée de I’m On Fire, ne nomme personne, mais s’attaque clairement aux tours que l’administration Bush a joués au peuple américain. « Ne croyez à rien de ce que vous entendez, et encore moins ce que vous voyez .. La liberté que vous cherchez s’éloigne tel un fantôme au milieu des arbres ».

Pas d’allusion directe à la guerre en Irak, mais parmi les personnages et les décors familiers de Springsteen, on parle du désert et des blessés. Ouvertement dans Devil’s Arcade et plus indirectement dans Last To Die, il canalise sa colère dans une émouvante empathie.

Il y a quelques touches personnelles aussi avec I’ll Work For Your Love qui, alliant le romantisme et la valeur du travail n’aurait pas pu être écrite par un autre. Il y mélange la mélancolie, l’élégie et l’affliction.

Girls in Their Summer Clothes est l’un des titres les plus chaleureux. Long Walk Home est noble et digne et Magic est un classique. Seuls deux titres tombent à plat et les solos de sax semblent dater. La voix de Springsteen est magnifique sur tout l’album, se bonifiant au fil des années. A 58 ans, il est exceptionnellement vivant.

Merci à Dominique et Christine !