The Wild, The Innocent And The E Street Shuffle

11/09/1973

1 The ‘E’ Street Shuffle
2 4th Of July, Asbury Park (Sandy)
3 Kitty’s Back
4 Wild Billy’s Circus Story
5 Incident On 57Th Street
6 Rosalita (Come Out Tonight)
7 New York City Serenade

Comme “Greetings From Asbury Park, NJ”, “The Wild, The Innocent And The E Street Shuffle” a été enregistré au studio “914 Sound Studios” à Blauvelt, NY, entre la mi-mai et la mi-septembre 1973. On peut y distinguer très clairement 2 phases de sessions d’enregistrements assez courtes et entrecoupées d’une partie de la tournée du premier album:
– une première (du 15 au 22 mai puis du 17 au 20 juin) avec le line-up du E Street band de l’époque (Clemons, Federici, Tallent et Lopez)
– une seconde (qui s’étale jusqu’à la mi-septembre, avec une semaine sur chaque mois), avec l’arrivée de David Sancious au clavier mais aussi Suki Lahav (violon et choeurs), Richard Blackwell (congas, percussion) et Albee Tellone (baritone sax).

Pour cet album, le Boss est entré en studio avec la ferme intention que le son soit digne d’un studio, avec bien en tête que le studio peut proposer des choses intéressantes. Ce qui différencie “The Wild…” du premier album, c’est l’influence du groupe derrière: Clemons est présent tout au long des sessions et Sancious a apporté beaucoup au disque. Tallent aussi avait eu des expériences soul ou jazz. Tout cela se ressent sur le disque. Il y a beaucoup d’effets présents, écoutez par exemple “Incident” (les claviers, les choeurs). On trouve beaucoup d’instruments différents: l’accordéon de Danny, la percu au congas sur “New York Serenade”, le piano “jazzy du début du même morceau, un tuba ou les choeurs féminins… On sent un petit quelque chose d’aventureux ou de l’expérimentation dans ce disque. Sandy par exemple, a subit des modifications jusqu’aux derniers jours. Les styles sont aussi assez divers et on a l’impression d’écouter tout ce que le E street peut donner comme musique.

Cet album fait ressembler “Greetings” à des démos enregistrées dans un garage: difficile de croire que les deux ont été enregistrées au même endroit ; les durées d’enregistrements sont presque comparables. Il faut donc croire que le Boss a appris à faire parler le studio comme un véritable instrument.

Coté texte, on retrouve une fouletitude de personnages de la rue avec leur surnom pittoresque. A l’image du titre, les textes sont épiques, chaleureux et surtout tournés vers l’extérieur, ce qui leur donne une efficacité supplémentaire sur scène. C’est aussi l’époque où Springsteen arrive à New York et l’album est un mélange entre les scènes de rue du New Jersey et les premières impressions new yorkaises (notamment sur la seconde face).

Les seules “chutes de studio” que l’on connaisse ont été publiées sur “Tracks”.

Malgré l’absence d’effort promotionnel de la part de Columbia, l’album reçu une jolie critique à sa sortie (même le Rolling Stones magazine le classa dans ses 50 meilleurs albums de l’année), et on commença à parler de ce fameux morceau “Rosalita” qui clôturait les shows d’alors.
C’est avec la tournée qui suivit qu’une grosse pression fut mise sur les épaules de Springsteen lorsque le fameux article
signé John Landau
sortit. Et le Boss se devait de relever le défit qu’imposait la CBS: sortir un classique ou se trouver
une autre maison de disques…

Merci à J99!