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The River

10/10/1980

Disque: 1
1 The Ties That Bind
2 Sherry Darling
3 Jackson Cage
4 Two Hearts
5 Independence Day
6 Hungry Heart
7 Out In The Street
8 Crush On You
9 You Can Look (But You Better Not Touch)
10 I Wanna Marry You
11 The River
Disque: 2
12 Point Blank
13 Cadillac Ranch
14 I’m A Rocker
15 Fade Away
16 Stolen Car
17 Ramrod
18 The Price You Pay
19 Drive All Night
20 Wreck On The Highway

Les sessions de « The River » furent précédées d’autres enregistrements :

Tout d’abord, « Independence Day », « Point Blank », « The Ties That Bind », « Ramrod », et « Sherry Darling » sont des titres mis de coté lors de la conception de « Darkness On The Edge Of Town », joués sur la tournée et retravaillés pour ce disque. « Drive All Night » est basée sur l’interlude jouée au milieu de Backstreet.

Ensuite, au début 1979, des enregistrements « à la maison », à Holmdel, NJ, faits par le boss seul à la guitare sèche, qui précédaient chacune des 3 sessions d’enregistrement de « The River ». Des « brouillons » contenant des morceaux perdus à jamais ou d’autres finissant sur les albums de Gary US Bonds, ou sur The River (écoutez « Oh Angelyne », l’esquisse du morceau « The River »). Souvent, ces enregistrements sont de médiocre qualité mais ils offrent la possibilité de voir le processus de création. Une autre curiosité est de voir (ou d’entendre) certaines tentatives dans un style reggae.
Il y eu aussi des répétitions enregistrées (les fameuses « Telegraph Hill » sessions ) où d’autres perles furent perdues (« Night Fire », entre autres, qui rappelle « Last to Die »).

L’album « The River », et les sessions relatives à l’album de Gary US Bonds, ont été enregistrées au « Power Station ». Ce studio a la particularité d’avoir un « mur » d’égaliseurs à lampes de type Pultec, rajoutant cette « rondeur » et coloration bien américaine au son. L’album a été enregistré en « live », cela se sent au niveau de l’énergie de chaque instrument, et comme les styles abordés ici sont variés, seule la sonorité « chaude » et « années 50 » relie les chanson entre elles niveau musical.

La reverb des années 50, le traitement sur la voix du Boss (passant par un compresseur Teletronix LA2A, assez « crémeux », un equaliseur Pultec, et la table Neve, puis une EMT 250 digital reverb), n’aurait pas pu être plus « gorgeous » comme ils disent. Peut être « The River » est l’album le plus « chaud » et « vivant » du Boss. En comparaison avec les émotions criées sur Darkness, la performance vocale de Springsteen est ici plus retenue, en sobriété.

Pour la petite histoire complémentaire à l’enregistrement de « The River », il faut savoir que la pièce contenant la batterie était très grande et en bois : la hauteur des plafonds est très importante car les sonorités ne réfléchissent pas de la même façon. Autre détail, si vous regardez les photos de ces enregistrements, tout y est en bois, encore pour réchauffer le son. On peut imaginer que le Boss cherchait surtout à avoir une sonorité « ronde » et « live » pour cet album.
Dans cette pièce de grande taille contenant la batterie, fut bâtie une pièce isolée « acoustiquement parlant » pour Bruce et son micro voix. Il y avait une autre pièce contenant les claviers, une autre salle pour les amplis… et évidemment une salle exprès pour le Big Man.

Les guitares sont très très variées sur cet album : en plus des télécasters (très aigües en effet) de Springsteen et des
Stratocasters de Steve, il y eu deux Rickenbakers au son très très médium, ainsi que des Gretsch pour le son « country », et bien sûr des Martins 6 et 12 cordes pour les guitares folk (le Boss n’a commencé à utiliser les Takamines que pendant « Born in the USA »).

La basse de Gary Tallent est particulièrement mise en avant sur certains titres qui semblent avoir été écrits dans cet intention. Sans parler du simplissime Drive All Night, la ligne de basse est puissante sur des titres comme The Ties That Bind, Point Blank, ou Wreck On The Highway.

L’ambiance des sessions semblait être très bonne, même si la durée des enregistrements s’est étalée, pour la première fois, sur des années, les finances le permettaient peut-être d’avantage qu’auparavant. Le Boss et son groupe, comme James Brown de son temps, était alors appelé le « groupe le plus bosseur au monde ».

Un album contenant certains titres de « The River » et appelé « The Ties that Bind » fut présenté à la maison de disques en 79. Mais Springsteen n’en est pas satisfait, pas assez de relief dans les chansons qui n’avait pas de réels liens entre elles.

1 The Ties that Bind
2 Cindy
3 Hungry Heart
4 Stolen Car
5 To Be True
6 The River
7 You Can Look (But You Better Not Touch)
8 The Price You Pay
9 I Wanna Marry You
10 Loose Ends

Les chansons les plus sombres ont été écrites durant les premières sessions d’écriture de 79 tandis que les plus légères l’ont presque toutes été en 1980, Springsteen cherchant volontairement à réintroduire un peu le fun qui manquait à Darkness. Disposant d’un nombre de morceaux enregistrés importants, Springsteen, sur une idée de Steve Van Zandt devenu co-producteur, choisit de faire un double album. Il semble en effet difficile de présenter sur un simple les titres les plus sérieux au coté des plus festifs. La liste des morceaux enregistrées pour cet album est ahurissante (plus d’une cinquantaine ont atteinte un stade terminé selon Neil Dorfsman, l’ingénieur du son), la qualité étant très souvent au « Rendez-vous ». Les nombreuses chutes de studio sont recommandées.

Bien que contenant son lot de « night », de « street » et de « cars », il s’agit d’une album très riche, avec un narrateur qui a grandi et qui veut encore grandir, avoir des relations avec le monde qui l’entoure, se marier, être et devenir quelque chose. Au Madison Square Garden, le 8 novembre 2009, le groupe joue en intégralité « The River » Springsteen le présente ainsi:
« Ce disque est une sorte de passerelle vers ma future façon d’écrire. L’enregistrement s’est fait pendant la crise aux Etats-Unis. La chanson titre est écrite pour mon beauf-frère et ma soeur. Mon beau frère était dans l’industrie du batiment, il avait perdu son emploi et a dû lutter très dur à la fin des années 70, comme beaucoup de gens aujourd’hui. C’est un disque où j’ai commencé à m’attaquer aux relations homme-femme, à la famille et au mariage. Certaines chansons amènent les disques suivants: The River annoncent l’écriture de Nebraska, Stolen Car mène à Tunnel Of Love(..) Je voulais capturer ces thèmes sur lesquels j’avais écrit sur Darkness et en même temps y ajouter la musique qui rendait nos spectacles vivants avec tant de fun et de joie pour le public. »
A l’image du format, le point de vue est double voir multiple, allant de l’énergie rock ou rock’n’roll aux peurs de tout être humain.

« The River » sort en octobre 80. Pour la première fois, un album de Springsteen se place en première place des charts US. Il restera 75 semaines classé.