Born In The USA

04/06/1984

1 Born In The USA
2 Cover Me
3 Darlington County
4 Working On The Highway
5 Downbound Train
6 I’m On Fire
7 No Surrender
8 Bobby Jean
9 I’m Going Down
10 Glory Days
11 Dancing In The Dark
12 My Hometown

L’album “Born in USA” a été achevé au “Hit Factory” à New York…

…mais avant ça, on pourrait considérer que l’album a été commencé au “Power Station”, en janvier 1982, pendant l’enregistrement de l’album pour Gary US Bonds (le second : “Love’s On the Line”, une des plus belles réussites “Soul” du Boss).
Des morceaux comme “Lion’s Den”, “Cover Me” (au départ écrit pour Donna Summer qui recevra Protection en place) sont issus de cette mouvance “Soul” du Boss. Mais alors qu’on laissa assez rapidement tomber la plupart des chansons du recueil “nebraskien”, le Boss surprit tout le monde en attaquant d’entrée avec une sombre piste au bout des bandes de Nebraska : “Born in the USA”. “la chose la plus excitante qui soit jamais arrivé dans un studio d’enregistrement” écrivit plus tard Jon Landua. Et à partir de ce soir là, ils savaient qu’ils tenaient le bon bout.

Une grosse partie de l’album était en boite dès ces premieres sessions d’enregistrement : la chanson titre, “Working on the Highway” (anciennement “Child Bride” des sessions Nebraska), “Downbound Train”, “Glory Days”, “Darlington Couty” (il parait que c’est une chute de “Darkness” !!!), “I’m Goin’ Down”, “I’m on Fire”. Avec ce premier jet, il y eu aussi “Murder Inc”, “My Love Will not Let You Down…”, et tant d’autres.

Après ces sessions, Steve prépara son premier album avec The Disciple Of Soul et les séances furent stoppées, le Boss retourna chez lui et on équipa son garage d’un humble home studio, où il enregistra plus qu’il n’en faut pour sortir un album. A nouveau, des perles très intéressantes, comme “the Klanskman”, “Cynthia”, “One Love”, ou “Richfield Whistle” y ont été oubliées… “County Fair”, “My Hometown”, “Shut Out The Light” par contre, furent développées par la suite avec le groupe.
Apparemment, le Boss n’allait pas très bien à cette époque. Il semblerait qu’un grand ponte de CBS soit passé chez lui, l’ai invité au resto et l’ai incité à reprendre ses activités “non solitaires”, c’est à dire avec le groupe, craignant d’avoir à sortir un album à nouveau en demi teinte…

L’idée de sortir un album comprenant le meilleur des 3 sessions ( “Soul”, “rock”, “Garage/home studio” ) traversa évidemment l’esprit du Boss, mais il préféra plutôt attaquer une nouvelle séance au mois d’avril 83, cette fois au “Hit Factory”.

Niveau matériel, là c’est plutôt les table SSL avec leur tranche comportant chacune un compresseur/gate en entrée de préampli, puis un égaliseur chirurgical, et certaines de ces tranches étaient ensuite routées vers le compresseur de Bus (LE compresseur moderne pour le son de batterie ). Pour se rendre compte du matériel présent dans ce studio, il n’y a qu’à se mettre le documentaire “Blood Brothers”, filmé dans ces lieux mythiques (qui ont hélas fermé en septembre 2007).

Quelques morceaux enregistrés précédemment y furent remixés, afin qu’il y ait une cohérence de son sur tout l’album.
Là, on y ré-enregistra les morceaux de Los Angelès/Garage-sessions, dont “Shut Out The Light” (avec pour la 1ère fois Soozy Tyrel au violon ), “None But The Braves”,”My Hometown”, “Cynthia”, les autres Rock’n’Roll de “Pink Cadillac”, “TV Movie”, “Car Wash” ou encore “Stand On It”.

Puis on commença à mixer sérieusement tout l’album…

Mais le Boss n’était pas satisfait de la dernière session d’enregistrement (la plupart des morceaux ont terminé sur Tracks ou en face B… ), il écrivit rapidement de nouveaux morceaux et convoqua à nouveau toute son équipe pour : “Bobby Jean”, “No Surrender” (dédiées toutes deux à l’ami Steve ), “Man at the Top”, “Light of Day”, “Brothers under the Bridges”, …, et “Dancing in the Dark” qui clôt l’album et tous les enregistrements. On dit que le Boss aurait écrit 120 chansons, enregistré 80 titres différents…

Cet album est celui qui colle le plus avec le son de son époque. Une sonorité très percussive, massive, mais claire et distincte, on entend encore chacun des instruments, clairement. Reste que c’est un des seuls où cette sonorité ne colle pas aux thèmes des chansons. Si cet album est musicalement aux antipodes de Nebraska, les thèmes et les personnages y sont comparables de douleurs ou d’angoisse. Même le thème de l’amitié qui apparait sur plusieurs chansons (“Glory Days”, “Bobby Jean”…) est évoqué avec nostalgie.

C’est aussi l’album est le plus “commercial” de l’artiste, mais qu’est-ce que cela veut réellement dire en fait ? Pas grand chose…
Cet album, le fruit de pas mal de solitude (les “garage sessions” sont encore plus “froides” que “Nebraska” lui même, le Boss se sent ENCORE plus seul), mais ironiquement, c’est l’album qui lui amènera le plus de public (un peu comme dans “Dancing in the Dark”, parfait équilibre entre l’esprit “Garage session” et le contrepoids de la présence du groupe ).

La chanson titre a inspiré la fameuse photo de l’album à Annie Leibowitz, photo qui rappelle un peu Sticky Fingers de Rolling Stones et où l’on voit Springsteen de dos, en face du drapeau américain. Il a fallu le convaincre d’utiliser cette photo pour la pochette de l’album. Certains ont même pensé que le chanteur se soulagait sur le drapeau.

7 singles et plus de 20 millions d’album la première année, quand même…

Enfin pour l’anecdocte, Born In The USA est le premier compact disc pressé aux Etats Unis. CBS Records installa une usine à Terre Haute, Indiana, en 1984. Les compact discs étaient auparavant importés du Japon.

Merci à J99!