Born To Run

25/08/1975

1 Thunder Road
2 10th Avenue Freeze-Out
3 Night
4 Backstreets
5 Born To Run
6 She’s The One
7 Meeting Across The River
8 Jungleland

L’enregistrement de l’album “Born To Run” s’étale sur 19 mois et a été réalisé en grosse partie au studio “Record Plant, NYC”.

Les premières sessions se déroulèrent encore de janvier à octobre 74, au studio “914 Sound Studios” à Blauvelt, NY, sans Landau ni Steve Van Zandt, 20 jours en tout, étalés sur 9 mois du fait de la tournée de l’album précédent. On ne sait pas trop ce qui a été enregistré lors de ces sessions (hormis une pré-version de “Jungleland” qui date de janvier).

Les autres sessions débutèrent au studio “Record Plant”, en avril 1975, une fois la tournée achevée, cette fois avec Jon Landau qui influença fortement pour quitter un studio aussi petit et mal équipé que le 914 et dont l’idée de production de base était de construire l’album sur un trio piano/basse/batterie, et également avec Steve Van Zandt qui dépannait fortement aux arrangements cuivre sur Tenth Avenue Freeze Out.
L’album fut été enregistré sur une vieille table de mix Neve avec quelques compresseur Urei (LA4A semble-t-il) sur le mix
général. Inutile de revenir sur tout ce qui est expliqué également dans le documentaire du DVD/Making of du boitier
anniversaire:
Les guitares sont doublées, triplées, le voix aussi, le piano passe par un unique egaliseur à lampes Pultec. Bref, que du
“soyeux” dans le son… La superposition de tous ces éléments donne un rendu à la Spector et son fameux “Mur du Son”, et le Boss n’a RIEN laissé au hasard. Clarence mis des dizaines d’heures avant de pondre le solo de Jungleland en entier à la manière dont le Boss l’avait
rêvée… Différents arrangements furent essayés (une grosse partie d’entre eux est disponible en pirates). Springsteen voulait que “Born to Run” sonne comme “Roy Orbison chantant du Bob Dylan produit par Spector.”

De plus, le line-up du groupe changea avec le départ du batteur “Mad Dog”, remplacé par un ami de Sancious à la batterie :
Ernest “Boom” Carter. Ces deux quitteront le groupe une fois le morceau “Born To Run” mis en boite.
De là, des auditions furent passées pour recruter Max Weinberg et Roy Bittan (seul musicien du groupe à posséder une formation “classique”).
Bref, ce fut ardu à tous les niveaux. Un vieil interview sur un Rock’n’Folk de Jimmy Iovine, alors assistant ingé-son au Record Plant, nous laisse le mot qui caractérise bien ces sessions interminables : INTENSE.
Le Boss était super motivé mais sa fatigue (et celle de ses collaborateurs) leur joua des tours : le Boss s’endormit, un verre de coca à la main, sur la table de mix, le coca pénétra dans la table de mix… Ou encore la fameuse histoire du “master” qui servit de freesbee et termina dans les eaux de l’Hudson… Pour couronner le tout, des fuites de morceaux “fraichement enregistrés” vers les radios étaient dues au manager du boss en personne…
C’est là le disque dont l’enregistrement fut le plus éprouvant pour tous.

Le son de cet album est intemporel et même en version “basique” pas rapport à la version masterisée (bien plus nette, il est vrai). Tout a été pensé, pesé, enregistré, réenregistré, doublé, triplé… du travail d’orfèvre!

La thématique de l’album, loin d’être originale, est une parfaite synthèse de l’esprit rock, rebelle et adolescent, exprimée de manière romantique, énergique et en toute sincérité. Chaque face commence par des morceaux relatifs à la fuite (“Thunder Road” et “Born To Run”) et finit par des chansons épiques plutôt mélancoliques (Backstreets et Jungleland). On peut également voir l’album comme le déroulement d’une journée, Thunder Road au petit matin et Jungleland la nuit suivante…
Paradoxalement,si l’album représente Springsteen dans l’imagerie que s’en font parfois ses fans, c’est le dernier album de ce type, Darkness étant thématiquement plus adulte avec un son plus sec.

Rapidement après sa sortie, Born to Run se classe dans le top 10 US pour atteindre la 3ème place. C’est le premier album a dépassé le million de ventes. Il faut dire qu’il fut soutenu par un gros effort publicitaire de la maison de disque et un certain battage médiatique dont on connait les couvertures de Times et Newsweek ou la pompeuse et déplaisante promo effectuée à Londres pour son passage à l’Hammersmith Odéon.

Merci à J99!