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Nebraska a 40 ans

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Tout est dans le titre.

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https://www.facebook.com/French-River-81-100462135018927/?modal=admin_todo_tour

Pour le plaisir, un outtake de cet album.

https://www.facebook.com/French-River-81-100462135018927/?modal=admin_todo_tour

Ah oui…40 ans…pfuiii qu’ils sont passés vite!
Rien à rajouter à ce que j’ai écrit dans la rubrique consacrée à la discographie du boss

«J’ai et j’aurais toujours un rapport particulier avec cet album.

Sa parution avait été une surprise. On parle d’un artiste qui est entrain de connaître une ébauche de succès planétaire suite à « The River » et la première tournée européenne d’envergure.

Et le voilà qui déboule, sans tambours ni trompettes, avec un album « surprise », plus intime tu meurs, enregistré sur un 8 pistes dans sa cuisine. Intime et presque « squelettique » dans sa production, épuré, laissant place à un songwriting d’une puissance organique.

Le particulier de mon rapport avec cet album vient du fait que si à l’époque j’étais disquaire, j’étais aussi DJ dans une radio libre pour laquelle la play list de mon émission quotidienne a 22h chaque soir, était dictée par les albums que je recevais chaque jour au magasin, autour desquels je construisais mon émission. Un vase communiquant pratique et pour lequel je profitais de mes bonnes relations avec la plupart des représentants des maisons de disques.

Un lundi, comme chaque lundi, arrive Philippe, le représentant CBS, qui connaissait ma passion pour le bougre du New Jersey, dont j’avais défendu « The River » comme peu de disquaires indépendants en France (sic CBS). Bref…il ouvre sa petite valise avec un sourire en coin, et me tend un test pressing à la rondelle centrale toute blanche, dans une pochette blanche. Pas de track listing, rien. Sauf que la rondelle en question est « Nebraska ». Et comme le soir j’ai une émission et que lui a décidé de dormir en ville et finir sa tournée strasbourgeoise le lendemain matin, il me propose d’embarquer le test pressing à la Radio pour le diffuser le soir même avant de le récupérer le lendemain matin. Truc impensable aujourd’hui, voire même quelques années après…un genre d’exclusivité impossible à imaginer et terriblement excitante pour moi, bien sûr, puisque l’album ne sortait qu’une dizaine de jours plus tard, le mardi suivant.

J’ai donc passé ce soir la le disque en entier d’un bout a l’autre, dans l’ordre, en présentant les titres sur les blancs qu’il y avait entre chacun d’eux. Impro totale mais, encore une fois, terriblement excitante. J’avais installé la pénombre dans le studio, et j’étais tout seul avec le disque devant mon micro.
Voilà donc comment j’ai découvert cet album. Un lundi soir. Presque « religieusement ». Recueilli dans un genre de tête à son aussi intime que ce que j’entendais. Et Dieu que les chansons me parlaient, m’emportaient, me nouaient les sens.
C’était un moment très fort émotionnellement.

Aujourd’hui, lorsque je l’écoute, une ou deux fois par an, c’est toujours le soir ou la nuit. Moments silencieux. Toujours seul. Toujours intime.

C’est toujours un de mes disques préférés du boss, et un de mes préférés tout simplement. En tout cas très très à part de tout le reste »

peteloveman a réagi à ce message.
peteloveman

J'adore cette histoire. Mais avant de le passer en radio ... l'avais tu écouté ou bien la découverte fut totale et en même temps que ..... tes millions d'auditeurs

Par contre question pratico-pratique: Pas de track listing
Du coup, quid de la présentation des titres ?

Et effectivement, le balancer à la radio 10 jours avant ça sortie, oui c'était une autre époque. Surtout venant d'un représentant de la maison de disque.

Ma petite signature !

Je l’ai découvert en même temps que je le diffusais.
j’avais juste les titres dans l’ordre, pas de pochette. Pas non plus cette fameuse petite feuille de pressage d’usine (n° de matrice etc etc) qui accompagnait les test pressing. (J’en posterais une demain pour que tu vois à quoi ça ressemble, car j’en ai gardé quelques uns, des test pressing).

:)) nos auditeurs n’étaient pas des millions, mais notre radio (on parle d’une époque où les sondages d’écoutes et autres gadgets du genre n’existaient pas encore) était très largement en tête sur la ville (source RG). Ils étaient donc plusieurs milliers chaque soirs.
Succès du à la qualité de l’émetteur et l’antenne que nous avions (donc un super son), et celle des programmes musicaux  (chaque soir par de vrais passionnés et érudits dans les différents genres diffusés, rock, black, reggae, blues, jazz, jazz rock, musiques ethniques et feuilletons originaux créés/ bricolés, parfois totalement fous ou absolument hilarants), qui ne se prenaient surtout pas au sérieux (on était surtout la pour deconner et se faire plaisir) et aussi car le fond de notre discothèque était constitué par, outre les collections persos, par le stock de disques parfois assez incroyables qu’apportait la discothèque au dessus de laquelle nous étions installée. « Le silex ». Dont la programmation musicale avait laissé pantois plusieurs journalistes rock de passages dans la ville (qui lui avait valu un article de Sasha Reins dans best par exemple). Un genre de golden team s’était constitué. Un moment rare et archi super agréable à vivre, qui a duré trois bonnes années, entre la création de la radio en 81 et sa cession et professionnalisation en 84. Les enjeux avaient changés, la pub est apparue et les régies avec. Mais l’aventure des débuts des radios libres, pour ceux qui l’ont vécu de l’intérieur, a recelé de sacrés moments magiques.
Comme j’avais le bouclard de disque dont je m’occupais, je voyais débouler le lendemain de présentations de nouveautés ou de de certains artistes moins connus dont nous faisions les chéris de nos soirées ou nos play lists, des auditeurs à la recherche des disques en question. En direct, pour mesurer l’impact, il n’y avait pas mieux.
Au magasin, face aux clients, je restais discret sur mes activités de DJ car je ne voulais pas faire d’interaction apparente entre mes deux activités. Un genre d’éthique.
Une autre anecdote Brucienne…un dimanche soir je diffuse « Drive all night », en expliquant « « « qu’en s’approchant de la radio, l’auditeur pourrait entendre la respiration et le souffle du chanteur ».
Le lendemain, un lundi matin déboulent, dans la même matinée, deux personnes qui me demandent le disque du chanteur américain qu’on entend respirer dans sa chanson magnifique « drive all night ». La, je peux te dire que tu vis un pur moment de fierté d’être arrivé à faire passer ca. En tant que DJ radio, bien sur, mais surtout en tant que fan d’un gars que tu défends dans un désert médiatique encore assez important.

dannyrose33 a réagi à ce message.
dannyrose33

Merci pour ces souvenirs qui sont un plaisir à lire !

Merci CC ....

Que de bons souvenirs pour ceux qui ont connu le début des radios libres.

J’ai gardé trois Dogs par exemple

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Citation de bbj le 22 septembre 2022, 7 h 10 min

Merci pour ces souvenirs qui sont un plaisir à lire !

C’est aussi un plaisir de se rappeler tout ça

Citation de bbj le 22 septembre 2022, 7 h 10 min

Merci pour ces souvenirs qui sont un plaisir à lire !

Pas mieux, merci aussi

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