Human Touch

31/03/1992

1 Human Touch
2 Soul Driver
3 57 Channels (And Nothin’ On)
4 Cross My Heart
5 Gloria’s Eyes
6 With Every Wish
7 Roll Of The Dice
8 Real World
9 All Or Nothing At All
10 Man’s Job
11 I Wish I Were Blind
12 The Long Goodbye
13 Real Man
14 Pony Boy

On commente ici, les 2 albums, Human Touch et Lucky Town.

La période suivant Tunnel Of Love a semble-t-il été éprouvante pour le Boss, la relation extra conjugale avec Patti pendant la tournée de
“Tunnel of Love”, divorce d’avec sa femme d’alors (Julianne Phillips), fin (alors définitive) du E Street Band et des ennuis avec d’anciens roadies.

L’album “Human Touch” a été enregistré après cette période trouble et il aurait totalement arrêté d’écrire pendant une période de plus d’un
an. Il a ensuite repris l’écriture mais en partant de zéro (dans le sens où il n’y a aucun morceau écrit pendant la période EStreetBand). Installé à Bervely Hills, après une analyse, Bruce semble être devenu un homme heureux. Il choisit de positionner son narrateur comme tel, loin des romantiques de Born to run, des ouvriers de the River ou d’un vétéran du Vietnam.

Les périodes d’enregistrements sont assez étalées sur le temps (19 mois au total), les ingés-son se sont succédés, les musiciens de studios pas toujours les mêmes, bref, pas vraiment de cohérence. Il y eut aussi beaucoup de studios différents (A&M STUDIOS (Los Angeles), SOUNDWORKS WEST (Los Angeles), OCEANWAY STUDIOS (Los Angeles), ONE ON ONE STUDIO (Hollywood), THE RECORD PLANT (Los Angeles), WESTLAKE STUDIOS (Los Angeles) and THILL HILL WEST (le home studio du Boss mais à LA)), et tous sur la côte Est.
Autre chose à noter : la présence de Jeff Porcaro à la batterie sur certains titres, (batteur de Toto et de studio réputé).

Les styles de morceaux assez variés (“57 Channels”, “HT”), et dans une interwiev de l’époque, le Boss disait vouloir faire
un hommage à tous les styles de musique qu’il aimait, particulièrement la “Soul”.
Le son est assez transparent, il y a une bonne dynamique, mais il semble aussi que les instruments manquent de “vie” et de
“chaleur”, que tout soit assez synthétique : pas de vrai piano ou de vraie orgue ici. Les guitares sont comme sur “Spare
Parts” assez synthétiques.
Le tout avec une batterie super précise, mais tellement que ça fait presque boite à rythme.
La voix par contre est “Soul” (“Man’s Job”), son enregistrement étant parfaitement réalisé
sur cet opus. Bobby King et Sam Moore (du duo Sam & Dave) ont été appelés pour enregistrer sur les morceaux déjà posés sur bandes (l’excellent
“Man’s Job” ).
Les mixages sont de facture assez classiques, rien de surprenant ni d’original…

Le Boss et Bittan (qui est co-auteur sur quelques titres) auraient eu 30 titres (une bonne partie composée à la basse) à leur actif, mais au lieu de sortir l’album tel que nous le connaissons, le Boss s’en est retourné écrire quelques morceaux supplémentaires, au cas où..
Mais on retrouvera une assez grande partie de ces compos écartées de l’album “Human Touch” sur “TRACKS”.
Il y eu, comme assez souvent avec le Boss, des “fuites” du studio et 6 mois avant sa sortie officielle, des bandes contenant
des mix alternatifs circulaient…

L’album “Lucky Town” aurait été enregistré dans le studio de Bruce, avec Roy aux synthés, Bruce à la basse et guitares, et
avec Gary Mallaber batterie/boite à rythme, puis mixé en studio pro.

Il aurait été enregistré dans un laps de temps très court (en comparaison à Human Touch: 5 mois), l’inspiration de Bruce faisant
soudainement son comme-back. Et effectivement les arrangements sont plus osés (“Big Muddy”), l’inspiration thématique est
là (“Living Proof” ayant été écrit le lendemain de la naissance de sa fille).
Même si cela sent encore le synthétique, les batteries sont moins plates que sur “Human Touch” (le morceau “Lucky Town” , ou
même “Local Hero”), idem pour les basses et les choeurs (Patti aux choeurs) .

Les mix sont propres, un peu plus réussis que sur l’album précédent car l’album est plus cohérent dans son ensemble
sonorités/thématique. Mais cela reste plat, pas de chaleur, pas d’orgue brûlante, pas de sax…
Peut être eut-il mieux fallu un simple plutot qu’un double album, avec le meilleur des 2 albums sortis simultanément, plus les perles qu’on
retrouvera sur le CD n°4 de “TRACKS” et “18 TRACKS” (“Trouble River”).