Albums

The Ghost Of Tom Joad

21/11/1995

1 The Ghost Of Tom Joad
2 Straight Time
3 Highway 29
4 Youngstown
5 Sinaloa Cowboys
6 The Line
7 Balboa Park
8 Dry Lightning
9 The New Timer
10 Across The Border
11 Galveston Bay
12 My Best Was Never Good Enough

Malgré une première réunion de l’E Street Band en janvier 1995, l’album « Tom Joad » a été enregistré dans le home studio du Boss entre mai 1995 et fin Septembre 1995, sans le groupe.
Danny Federici à l’orgue, Gary Tallent à la basse y apparaissent néanmoins sur certains titres. Le morceau « Ghost of Tom Joad » avait été enregistré avec « Waiting For The End of the World » pendant les retrouvailles « Blood Brothers », mais la version fut écartée par le Boss car trop « riches », écartant trop l’auditeur du texte.
Un tout petit comité de musciens a été utilisé dont Marty Rivkin au pedal steel et dobro, et à nouveau Gary Mallaber à la batterie.

Au delà de la tracklist de l’album, d’autres morceaux furent enregistrés, certains apparurent en live pendant la tournée qui suivit (« Little Things », I’m turning into Elvis » ), d’autres sur l’album suivant de Joe Grushecky (l’album « Comin Home », recommandable lui aussi ).
Certaines sources disent que 2 albums entiers de chansons ont été enregistrés, on sait que certains titres de Devils And Dust datent de cette époque. On sait également que lors d’une des phases de sessions, Springsteen a essayé des arrangements et de compositions dans un style rockabilly/country swing. En effet, Springsteen a offert une des ces chansons, « Tiger Rose », à Sonny Burgess par l’intermédiaire de Gary Tallent qui travaillait à la production de son album, à Nashville.

Tout y est bien propre et clair : les voix, la batterie, la basse, il n’y a pas trop de relief.
Les guitares alors de type « folk » (cordes en acier) sonnent quelques fois comme des « flamenco » (cordes en nylon ), chose qu’on ne retrouvera pas vraiment dans la tournée qui suivra…
Les synthés sont particulièrement réussis, épais, contribuant à l’ambiance pesante tout en restant discret.
Seule la voix tient l’album (préampli Avalon ?), on y trouve de la rare fragilité, sa voix était vraiment particulière à l’époque…
Que dire du mixage ? Parfait, pas vraiment personnel, ni osé (on est bien loin de la batterie décalée d’un coté de « I’m on Fire » ), restent que les paroles et les changements d’accords sont réussis.

Tom Joad marque une retour de Springsteen vers la thématique plus sociale et moins introspective. On croise des imigrants mexicains, des paumés, des prisonniers et des laissés-pour-compte du rêve américain ou du nouvel ordre mondial du milieu des années 90. Springsteen a expliqué qu’il fut interpelé par des reportages TV sur les flots d’immigrants latinos qui tentaient de passer la frontière. Il s’inspire de Guthrie et de Steinbeck, auteur qu’il affectionne, ou de Dale Maharidge et de son le livre Journey to Nowhere: The Saga of the New Underclass. Loin des 2 albums jumeaux précédents, c’est un disque sobre, folk acoutique, austère qui rappelle un peu Nebraska (bien que ce dernier contienne sur des rythmiques beaucoup plus rock), ou Devils And Dust (dont les arrangements sont plus cossus). Avec le mixage utilisé, Springsteen a voulu imposer ses textes, lui en tant qu’auteur et non plus « bête de scène », la tournée qui a suivi, loin des stades, lui donnant l’occasion de devenir un chanteur intimiste.

Sorti avec peu de publicité, l’album reçoit une excellente critique après les décevants jumeaux « Human Touch »/ »Lucky Town ». Grâce à lui, Springsteen reçoit en 1996 le Grammy Award pour le meilleur album folk et en 1997 le prestigieux Polar Music Prize considéré par certains comme le Nobel de la musique.

Merci à J99!