Forums
Deliver Me From Nowhere (le film) : vos avis
Citation de arizojp le 1 novembre 2025, 12 h 37 minCitation de Kyle William le 1 novembre 2025, 2 h 18 minBon, là aussi il y a de l’anachronisme : pour moi qui m’y intéresse, il est habillé tout du long comme le Bruce de 1978, donnant l’impression que Darkness et The River n’existent pas et que Springsteen enregistre Nebraska au sortir de la tournée Born To Run.
Le problème est qu'ils se sont basés sur la pochette de The River pour le look du Springsteen du film, cuir et chemise à carreaux.
Mais cette photo de pochette vient d'une des sessions de Frank Stefanko en 1978. A quelques semaines d'écart, il va faire les sessions photos de la pochette de Darkness et celles qui seront choisies deux ans plus tard pour The River.
Le Springsteen du film a donc le look du Bruce de 1978.
La seconde photo ci-dessous est aussi de John Stefanko à Colts Neck en 1982.
Citation de Kyle William le 1 novembre 2025, 2 h 18 minBon, là aussi il y a de l’anachronisme : pour moi qui m’y intéresse, il est habillé tout du long comme le Bruce de 1978, donnant l’impression que Darkness et The River n’existent pas et que Springsteen enregistre Nebraska au sortir de la tournée Born To Run.
Le problème est qu'ils se sont basés sur la pochette de The River pour le look du Springsteen du film, cuir et chemise à carreaux.
Mais cette photo de pochette vient d'une des sessions de Frank Stefanko en 1978. A quelques semaines d'écart, il va faire les sessions photos de la pochette de Darkness et celles qui seront choisies deux ans plus tard pour The River.
Le Springsteen du film a donc le look du Bruce de 1978.
La seconde photo ci-dessous est aussi de John Stefanko à Colts Neck en 1982.
Fichiers téléversés :
- Vous devez vous connecter pour avoir accès aux fichiers mis en ligne (uploadés).
Citation de Kyle William le 1 novembre 2025, 12 h 59 minMais oui ! Ça m’avait même dérangé en 81 quand ma sœur avait rapporté The River de la bibliothèque. C’est qui ce type qui porte une espèce de banane sur les photos intérieures du disque, comme mes héros de l’époque Elvis, Gene Vincent, Stray Cats…, mais porte les cheveux longs sur la pochette ?!
Mais oui ! Ça m’avait même dérangé en 81 quand ma sœur avait rapporté The River de la bibliothèque. C’est qui ce type qui porte une espèce de banane sur les photos intérieures du disque, comme mes héros de l’époque Elvis, Gene Vincent, Stray Cats…, mais porte les cheveux longs sur la pochette ?!
Citation de tofenko le 1 novembre 2025, 17 h 50 minÀ part moi, personne pour s’étonner du fait que la version électrique de Born in the USA enregistrée en studio est directement celle de 84?
Sinon, jugement (très) sévère mais intéressant de Kyle sur le film.
Au sujet des flashbacks en noir et blanc, Springsteen a dit qu’il se souvenait des scènes de son enfance avec son père en noir et blanc dans je ne sais plus quelle interview, il me semble.Pour ce qui est de la « bluette » (assez d’accord avec l’interprétation de Myriam sur ce point), est-ce impossible de vivre une histoire avec une serveuse quand on a vécu avec des photographes et des actrices ? Vous avez deux heures…🤪 Bon je l’accorde, la profession choisie est un peu cliché…
Et merci: je viens d’apprendre l’existence du verbe accroire.
À part moi, personne pour s’étonner du fait que la version électrique de Born in the USA enregistrée en studio est directement celle de 84?
Sinon, jugement (très) sévère mais intéressant de Kyle sur le film.
Au sujet des flashbacks en noir et blanc, Springsteen a dit qu’il se souvenait des scènes de son enfance avec son père en noir et blanc dans je ne sais plus quelle interview, il me semble.
Pour ce qui est de la « bluette » (assez d’accord avec l’interprétation de Myriam sur ce point), est-ce impossible de vivre une histoire avec une serveuse quand on a vécu avec des photographes et des actrices ? Vous avez deux heures…🤪 Bon je l’accorde, la profession choisie est un peu cliché…
Et merci: je viens d’apprendre l’existence du verbe accroire.
Citation de Kyle William le 1 novembre 2025, 18 h 44 minAh mais je pense qu’on peut parfaitement tomber amoureux d’une serveuse de bar après être sorti avec une artiste-plasticienne, tout comme on peut aimer un camionneur après être sorti avec un philosophe… le problème ici est de créer un personnage féminin qui n’existe pas, purement utilitaire, destiné à faire croire que Bruce en 81, restait 100% attaché à sa banlieue populaire, dans laquelle il faisait toutes ses rencontres, ce qui est inexact, ou pire à nous donner l'impression que toutes ses conquêtes étaient un peu les mêmes, puisqu'on peut les personnifier en une seule. Non, et c'est très macho comme approche scénaristique. La constante, apparemment, c'était le comportement de Bruce avec toutes ses copines à l'époque (et jusqu'à sa rencontre avec Patti Scialfa), mais ça ne veut pas dire que toutes ces femmes étaient les mêmes. Sur ce thème sentimental, le film de Mangold sur Dylan est quand même supérieur puisqu'il crée deux beaux rôles féminins, loin de jouer les utilités.
Sinon, je me suis relu, et c'est vrai que je suis très sévère… mais j'avais prévenu, je n'aime pas trop les biopics.
Ah mais je pense qu’on peut parfaitement tomber amoureux d’une serveuse de bar après être sorti avec une artiste-plasticienne, tout comme on peut aimer un camionneur après être sorti avec un philosophe… le problème ici est de créer un personnage féminin qui n’existe pas, purement utilitaire, destiné à faire croire que Bruce en 81, restait 100% attaché à sa banlieue populaire, dans laquelle il faisait toutes ses rencontres, ce qui est inexact, ou pire à nous donner l'impression que toutes ses conquêtes étaient un peu les mêmes, puisqu'on peut les personnifier en une seule. Non, et c'est très macho comme approche scénaristique. La constante, apparemment, c'était le comportement de Bruce avec toutes ses copines à l'époque (et jusqu'à sa rencontre avec Patti Scialfa), mais ça ne veut pas dire que toutes ces femmes étaient les mêmes. Sur ce thème sentimental, le film de Mangold sur Dylan est quand même supérieur puisqu'il crée deux beaux rôles féminins, loin de jouer les utilités.
Sinon, je me suis relu, et c'est vrai que je suis très sévère… mais j'avais prévenu, je n'aime pas trop les biopics.
Citation de arizojp le 1 novembre 2025, 19 h 50 minCitation de tofenko le 1 novembre 2025, 17 h 50 minÀ part moi, personne pour s’étonner du fait que la version électrique de Born in the USA enregistrée en studio est directement celle de 84?
Il faut croiser ça avec les déclarations de Bruce au cours de cette année 2025.
Le tournage a commencé il y a exactement un an (28 octobre 2024) et s'est achevé début janvier 2025.
On a bien compris que les déclarations de Bruce sur l'existence des bandes d'Electric Nebraska étaient à géométrie variable depuis la fin du mois de juin date à laquelle il avait fait le buzz en confirmant leur existence (sur les titres d'une partie de l'album seulement). Cette déclaration ressemblait, avec le recul, à l'allumage du premier étage d'une fusée qui sera l'annonce quelques semaines après de la sortie de Nebraska Extended.
Quand Bruce a-t'il réellement redécouvert ces bandes ? Si c'est ultérieur au tournage de la scène de l'enregistrement de l'Electric BITUSA, il est compréhensible que pas grand monde ne pouvait savoir à quoi ressemblait alors cette version électrique de 1982.
Visiblement Bruce ayant été extrêmement présent lors du tournage, il aurait donné des indications plus précises s'il avait réécouté ces bandes de 1982 à ce moment là.
Le réalisateur a fait avec la seule version électrique que l'on connaissait alors. Celle définitive.
Citation de tofenko le 1 novembre 2025, 17 h 50 minÀ part moi, personne pour s’étonner du fait que la version électrique de Born in the USA enregistrée en studio est directement celle de 84?
Il faut croiser ça avec les déclarations de Bruce au cours de cette année 2025.
Le tournage a commencé il y a exactement un an (28 octobre 2024) et s'est achevé début janvier 2025.
On a bien compris que les déclarations de Bruce sur l'existence des bandes d'Electric Nebraska étaient à géométrie variable depuis la fin du mois de juin date à laquelle il avait fait le buzz en confirmant leur existence (sur les titres d'une partie de l'album seulement). Cette déclaration ressemblait, avec le recul, à l'allumage du premier étage d'une fusée qui sera l'annonce quelques semaines après de la sortie de Nebraska Extended.
Quand Bruce a-t'il réellement redécouvert ces bandes ? Si c'est ultérieur au tournage de la scène de l'enregistrement de l'Electric BITUSA, il est compréhensible que pas grand monde ne pouvait savoir à quoi ressemblait alors cette version électrique de 1982.
Visiblement Bruce ayant été extrêmement présent lors du tournage, il aurait donné des indications plus précises s'il avait réécouté ces bandes de 1982 à ce moment là.
Le réalisateur a fait avec la seule version électrique que l'on connaissait alors. Celle définitive.
Citation de arizona le 1 novembre 2025, 23 h 43 minJe vais être lapidaire. J’ai aimé ce film mais j’en suis ressorti plombé et ému. Ce n’est pas un film sur Springsteen mais sur les affres de la création, du star système et surtout de la dépression. Passionnant mais troublant. Ma femme m’a dit que c’était horrible pour son entourage, pour lui et ses souffrances quand il était gamin et plus tard, sauf qu’il n’était pas égocentrique comme Dylan (dans le récent film) mais malade. Je le dis à chaud. Un film passionnant mais éprouvant.
Je vais être lapidaire. J’ai aimé ce film mais j’en suis ressorti plombé et ému. Ce n’est pas un film sur Springsteen mais sur les affres de la création, du star système et surtout de la dépression. Passionnant mais troublant. Ma femme m’a dit que c’était horrible pour son entourage, pour lui et ses souffrances quand il était gamin et plus tard, sauf qu’il n’était pas égocentrique comme Dylan (dans le récent film) mais malade. Je le dis à chaud. Un film passionnant mais éprouvant.
Citation de Yann42 le 1 novembre 2025, 23 h 48 minCitation de Kyle William le 1 novembre 2025, 2 h 18 min
Si vous n’êtes pas fan de Springsteen, c’est quand même très très long un film de 2 h à propos d’un type qui a seulement besoin d’aller voir un psy… (et aller voir un psy, soit dit en passant, c’est un autre boulot que juste fondre en larmes devant un homme mûr assis)
Bon, on a donc là un type dont on ne nous dit d’ailleurs rien, si ce n’est qu’il est chanteur à petit succès, un peu connu dans sa banlieue, qui gagne un peu de blé et qui semble se balader dans la vie comme un enfant qui vient de naître, à croire qu’il ne lui est rien arrivé entre son enfance et ses trente ans (pour un biopic qu’on prétend être resté trop sous l’emprise de son sujet, ce n’est pourtant pas exactement ça qui ressort de la lecture de l’autobiographie du Boss, la séquence 1949-1973 étant même largement la plus copieuse, la plus passionnante et la mieux écrite)…
Cela dit, rien ne s’est passé comme prévu. Je pensais apprécier le sujet du film, la naissance de Nebraska, et ne pas arriver à supporter l’idée que Springsteen soit incarné par un acteur aussi peu ressemblant, et c’est tout l’inverse qui s’est produit : le film m’a semblé quand même plus que faible, mais j’ai bien aimé le mec, son jeu forcément très actor-studio, et sa dégaine pendant tout le film. Bon, là aussi il y a de l’anachronisme : pour moi qui m’y intéresse, il est habillé tout du long comme le Bruce de 1978, donnant l’impression que Darkness et The River n’existent pas et que Springsteen enregistre Nebraska au sortir de la tournée Born To Run. Idem, la fin est fantaisiste et invente une tournée 8 mois après la sortie de Nebraska qui ne s’est jamais produite, puisque Bruce n’est remonté sur scène qu’en 1984, après la sortie de BITUSA. Il y avait autrefois un pirate en vinyle qui circulait et s’appelait CANADA 1982; peut-être que dans une autre dimension, Springsteen a effectivement tourné au Canada en 82 ?!
Peu importe, quand Jeremy Allen White marche les mains dans les poches de son blouson, quand il rôde la nuit seul en voiture, quand il tourne des yeux pour regarder sur les côtés, c’est bien une certaine incarnation de Springsteen qu’on voit, même si elle est très incomplète, très focalisée sur un seul contexte.
A la fin, le film est un produit bien étrange, on ne voit pas trop ce que les non-fans peuvent trouver d’intéressant dans l’histoire, et quant aux vrais fans, ils doivent faire le deuil de tellement d’aspects absents du film (pour commencer, l’entièreté de son personnage, son charisme qui en fait un meneur de troupe et un chauffeur de salle de première, le rire nerveux de Springsteen, déjà, pourtant omniprésent dans sa façon de parler, dans sa timidité, et même jusqu’à son sourire, élément incontournable de son charme, même déprimé (car figurez-vous, amis garçons, les yeux de chien battu ne suffiront jamais pour faire des conquêtes et briser des coeurs), autre absence, et quelle absence : le E-Street Band !!!! Et en particulier Steve et Clarence dont le traitement dans le film est proprement scandaleux, une véritable faute professionnelle, et pour finir, la présence physique sur scène particulièrement mal rendue dans les séquences au Stone Pony où Bruce ressemble seulement à un supplétif et à un amateur, bref, que d’erreurs et d’absences à l’arrivée…
Passons rapidement sur les autres défauts qui sont ceux habituels des biopics de commande : les flash-back en noir et blanc, la lourdeur psychologisante qui laisse accroire qu’un artiste a forcément eu une enfance horriblement traumatisante (le gamin joue très bien et lui ressemble bien plus que Jeremy Allen White, mais, même si sa relation avec son père était fort difficile, la nature du vécu traumatique que montre le film n’est pas du tout ce que raconte Bruce dans son auto-bio, ni en interview, ni jamais), les ralentis pesants, le ridicule des scènes d’écriture ou de composition, donnant l’impression que chez ces gens-là, il suffit de ramasser une guitare qui traîne pour pondre du premier coup un Nebraska ou un Like A Rolling Stone, et pire que tout, la licence artistique (plus encore scandaleuse que l’absence du groupe) consistant à fondre des personnages féminins réels en un seul caractère fictif, (vous êtes sérieux là, en 2025, les mecs ???), et qui plus est en en rajoutant dans le cliché populiste en faisant de la petite amie du Boss une fille-mère, serveuse dans un Dîner, alors qu’en 1982, Springsteen avait déjà été en couple avec des actrices, des intellos, des artistes, dont une immense photographe, Lynn Goldsmith, bien loin de ce scénario de bluette de téléfilm destiné à en rajouter dans son image populo. Là c’est franchement embarrassant, même s’il faut reconnaitre que là encore, Jeremy Allen White et Odessa Young offrent un bon moment de cinéma lors de la scène de rupture.
Bien aimé aussi la séquence où Bruce écoute Frankie Teardrop de Suicide couché par terre; en fait les meilleurs moments du film sont des petits bouts de clip comme ça qu’on attrape au vol et qui donnent l’impression que tout n’est pas raté, et c’est vrai. A se demander, Terrence Malick n’étant pas disponible, pourquoi ce n’est pas Thom Zimny qui a réalisé le film, puisque justement il aime tant imiter le style de Mallick, et qu’il est le réal officiel des clips du Patron.
Mais si on est sérieux, si on veut voir l’Amérique, les gens, l’atmosphère, les fringues et les bagnoles de ces années-là, il y a tellement de meilleurs films à voir ou revoir, à commencer par tous les Al Pacino des années 70, Serpico, Panique à Needle Park, L’Epouvantail, Un Après-Midi de Chien, et aussi le Récidiviste avec Dustin Hoffmann, Taxi Driver évidemment, et Vanishing Point et même jusqu’à Rocky, et bien sûr les trois premiers Mallick, etc etc etc, bref, le monde de Springsteen au cinéma il existait déjà.
Mais si je ne veux pas être que dans la nostalgie, car je déteste ça, je dirai que je continuerai à suivre ce Jeremy Allen White du coin de l’oeil, il faut croire en la jeunesse et il ne démérite pas dans ce film un peu mal fichu, avec quelques bon moments.
Pour finir sur un truc marrant, l’acteur qui joue Landau, Jeremy Strong, jouait déjà le manager du jeune Donald Trump dans The Apprentice, et il le jouait exactement de la même façon ! A croire que Springsteen et Trump, aujourd’hui ennemis-jurés ont partagé le même mentor…
Je partage globalement ton avis et ton analyse Kyle.
Pour ma part je trouve l'ambiance générale du film réussie, très sombre, très déprimante. Disons que ça retranscrit plutôt bien le mal-être de Springsteen pendant cette période, du moins ce qu'on en sait. Mais la contre-partie c'est malheureusement l'absence du E Street Band, qui ne joue qu'un rôle de figurant...
Je te rejoins totalement sur les anachronismes vestimentaires (même si ce n'est pas ce qui m'a le plus gêné), sur la petite amie imaginaire qui conduit en effet à cette histoire d'amour un peu caricatural, comme un remake du clip de I'm on fire, en mieux joué. Et sur la fin également, cette scène dans la loge avec son père, même si elle est touchante et bien jouée, ne correspond pas à ce qu'il a pu raconter. En réalité, en tout cas si je ne me trompe pas, cet échange date du début des années 90 après la naissance du fils aîné de Springsteen, dans sa maison à LA, quand le père de Springsteen débarque chez lui à l'improviste avec un pack de 6.
Côté anachronismes, je trouve aussi bizarre le fait de faire croire que Born in the USA a été enregistrée en 82 de cette manière alors qu'en réalité la version électrique de cette époque correspond à celle que nous pouvons désormais écouter dans la nouvelle box. La version sortie en 84 a été enregistrée en 83/84 il me semble, après la sortie de Nebraska.
Je trouve également les dialogues entre Landau et sa femme assez bizarres. Ils sont là pour bien s'assurer que le spectateur comprend bien les messages. Le personnage de Landau est bien joué en revanche, bien incarné.
Au final, même si j'ai passé un bon moment, je trouve que ce film rate aussi bien la cible "fan" que la cible "grand public". Le fan n'y trouve pas grand chose de plus que dans un documentaire avec des erreurs 🙂 et le grand public doit quand même un peu s'ennuyer...parce que même si l'histoire est touchante, elle n'a rien d'exceptionnelle ou d'extraordinaire. Son œuvre, sa musique, ses textes, ses performances, eux, le sont.
Le film a le mérite de mettre en avant le sujet de la dépression, et la nécessité de consulter un professionnel, mais il y a des films où des séries qui le font bien mieux. Il passe en revanche un peu à côte de ce qui a fait la "légende" Springsteen, mais finalement, pas sûr qu'on est besoin d'un film pour ça...
Citation de Kyle William le 1 novembre 2025, 2 h 18 min
Si vous n’êtes pas fan de Springsteen, c’est quand même très très long un film de 2 h à propos d’un type qui a seulement besoin d’aller voir un psy… (et aller voir un psy, soit dit en passant, c’est un autre boulot que juste fondre en larmes devant un homme mûr assis)
Bon, on a donc là un type dont on ne nous dit d’ailleurs rien, si ce n’est qu’il est chanteur à petit succès, un peu connu dans sa banlieue, qui gagne un peu de blé et qui semble se balader dans la vie comme un enfant qui vient de naître, à croire qu’il ne lui est rien arrivé entre son enfance et ses trente ans (pour un biopic qu’on prétend être resté trop sous l’emprise de son sujet, ce n’est pourtant pas exactement ça qui ressort de la lecture de l’autobiographie du Boss, la séquence 1949-1973 étant même largement la plus copieuse, la plus passionnante et la mieux écrite)…
Cela dit, rien ne s’est passé comme prévu. Je pensais apprécier le sujet du film, la naissance de Nebraska, et ne pas arriver à supporter l’idée que Springsteen soit incarné par un acteur aussi peu ressemblant, et c’est tout l’inverse qui s’est produit : le film m’a semblé quand même plus que faible, mais j’ai bien aimé le mec, son jeu forcément très actor-studio, et sa dégaine pendant tout le film. Bon, là aussi il y a de l’anachronisme : pour moi qui m’y intéresse, il est habillé tout du long comme le Bruce de 1978, donnant l’impression que Darkness et The River n’existent pas et que Springsteen enregistre Nebraska au sortir de la tournée Born To Run. Idem, la fin est fantaisiste et invente une tournée 8 mois après la sortie de Nebraska qui ne s’est jamais produite, puisque Bruce n’est remonté sur scène qu’en 1984, après la sortie de BITUSA. Il y avait autrefois un pirate en vinyle qui circulait et s’appelait CANADA 1982; peut-être que dans une autre dimension, Springsteen a effectivement tourné au Canada en 82 ?!
Peu importe, quand Jeremy Allen White marche les mains dans les poches de son blouson, quand il rôde la nuit seul en voiture, quand il tourne des yeux pour regarder sur les côtés, c’est bien une certaine incarnation de Springsteen qu’on voit, même si elle est très incomplète, très focalisée sur un seul contexte.
A la fin, le film est un produit bien étrange, on ne voit pas trop ce que les non-fans peuvent trouver d’intéressant dans l’histoire, et quant aux vrais fans, ils doivent faire le deuil de tellement d’aspects absents du film (pour commencer, l’entièreté de son personnage, son charisme qui en fait un meneur de troupe et un chauffeur de salle de première, le rire nerveux de Springsteen, déjà, pourtant omniprésent dans sa façon de parler, dans sa timidité, et même jusqu’à son sourire, élément incontournable de son charme, même déprimé (car figurez-vous, amis garçons, les yeux de chien battu ne suffiront jamais pour faire des conquêtes et briser des coeurs), autre absence, et quelle absence : le E-Street Band !!!! Et en particulier Steve et Clarence dont le traitement dans le film est proprement scandaleux, une véritable faute professionnelle, et pour finir, la présence physique sur scène particulièrement mal rendue dans les séquences au Stone Pony où Bruce ressemble seulement à un supplétif et à un amateur, bref, que d’erreurs et d’absences à l’arrivée…
Passons rapidement sur les autres défauts qui sont ceux habituels des biopics de commande : les flash-back en noir et blanc, la lourdeur psychologisante qui laisse accroire qu’un artiste a forcément eu une enfance horriblement traumatisante (le gamin joue très bien et lui ressemble bien plus que Jeremy Allen White, mais, même si sa relation avec son père était fort difficile, la nature du vécu traumatique que montre le film n’est pas du tout ce que raconte Bruce dans son auto-bio, ni en interview, ni jamais), les ralentis pesants, le ridicule des scènes d’écriture ou de composition, donnant l’impression que chez ces gens-là, il suffit de ramasser une guitare qui traîne pour pondre du premier coup un Nebraska ou un Like A Rolling Stone, et pire que tout, la licence artistique (plus encore scandaleuse que l’absence du groupe) consistant à fondre des personnages féminins réels en un seul caractère fictif, (vous êtes sérieux là, en 2025, les mecs ???), et qui plus est en en rajoutant dans le cliché populiste en faisant de la petite amie du Boss une fille-mère, serveuse dans un Dîner, alors qu’en 1982, Springsteen avait déjà été en couple avec des actrices, des intellos, des artistes, dont une immense photographe, Lynn Goldsmith, bien loin de ce scénario de bluette de téléfilm destiné à en rajouter dans son image populo. Là c’est franchement embarrassant, même s’il faut reconnaitre que là encore, Jeremy Allen White et Odessa Young offrent un bon moment de cinéma lors de la scène de rupture.
Bien aimé aussi la séquence où Bruce écoute Frankie Teardrop de Suicide couché par terre; en fait les meilleurs moments du film sont des petits bouts de clip comme ça qu’on attrape au vol et qui donnent l’impression que tout n’est pas raté, et c’est vrai. A se demander, Terrence Malick n’étant pas disponible, pourquoi ce n’est pas Thom Zimny qui a réalisé le film, puisque justement il aime tant imiter le style de Mallick, et qu’il est le réal officiel des clips du Patron.
Mais si on est sérieux, si on veut voir l’Amérique, les gens, l’atmosphère, les fringues et les bagnoles de ces années-là, il y a tellement de meilleurs films à voir ou revoir, à commencer par tous les Al Pacino des années 70, Serpico, Panique à Needle Park, L’Epouvantail, Un Après-Midi de Chien, et aussi le Récidiviste avec Dustin Hoffmann, Taxi Driver évidemment, et Vanishing Point et même jusqu’à Rocky, et bien sûr les trois premiers Mallick, etc etc etc, bref, le monde de Springsteen au cinéma il existait déjà.
Mais si je ne veux pas être que dans la nostalgie, car je déteste ça, je dirai que je continuerai à suivre ce Jeremy Allen White du coin de l’oeil, il faut croire en la jeunesse et il ne démérite pas dans ce film un peu mal fichu, avec quelques bon moments.
Pour finir sur un truc marrant, l’acteur qui joue Landau, Jeremy Strong, jouait déjà le manager du jeune Donald Trump dans The Apprentice, et il le jouait exactement de la même façon ! A croire que Springsteen et Trump, aujourd’hui ennemis-jurés ont partagé le même mentor…
Je partage globalement ton avis et ton analyse Kyle.
Pour ma part je trouve l'ambiance générale du film réussie, très sombre, très déprimante. Disons que ça retranscrit plutôt bien le mal-être de Springsteen pendant cette période, du moins ce qu'on en sait. Mais la contre-partie c'est malheureusement l'absence du E Street Band, qui ne joue qu'un rôle de figurant...
Je te rejoins totalement sur les anachronismes vestimentaires (même si ce n'est pas ce qui m'a le plus gêné), sur la petite amie imaginaire qui conduit en effet à cette histoire d'amour un peu caricatural, comme un remake du clip de I'm on fire, en mieux joué. Et sur la fin également, cette scène dans la loge avec son père, même si elle est touchante et bien jouée, ne correspond pas à ce qu'il a pu raconter. En réalité, en tout cas si je ne me trompe pas, cet échange date du début des années 90 après la naissance du fils aîné de Springsteen, dans sa maison à LA, quand le père de Springsteen débarque chez lui à l'improviste avec un pack de 6.
Côté anachronismes, je trouve aussi bizarre le fait de faire croire que Born in the USA a été enregistrée en 82 de cette manière alors qu'en réalité la version électrique de cette époque correspond à celle que nous pouvons désormais écouter dans la nouvelle box. La version sortie en 84 a été enregistrée en 83/84 il me semble, après la sortie de Nebraska.
Je trouve également les dialogues entre Landau et sa femme assez bizarres. Ils sont là pour bien s'assurer que le spectateur comprend bien les messages. Le personnage de Landau est bien joué en revanche, bien incarné.
Au final, même si j'ai passé un bon moment, je trouve que ce film rate aussi bien la cible "fan" que la cible "grand public". Le fan n'y trouve pas grand chose de plus que dans un documentaire avec des erreurs 🙂 et le grand public doit quand même un peu s'ennuyer...parce que même si l'histoire est touchante, elle n'a rien d'exceptionnelle ou d'extraordinaire. Son œuvre, sa musique, ses textes, ses performances, eux, le sont.
Le film a le mérite de mettre en avant le sujet de la dépression, et la nécessité de consulter un professionnel, mais il y a des films où des séries qui le font bien mieux. Il passe en revanche un peu à côte de ce qui a fait la "légende" Springsteen, mais finalement, pas sûr qu'on est besoin d'un film pour ça...
Citation de Yann42 le 1 novembre 2025, 23 h 52 minCitation de arizojp le 1 novembre 2025, 19 h 50 minCitation de tofenko le 1 novembre 2025, 17 h 50 minÀ part moi, personne pour s’étonner du fait que la version électrique de Born in the USA enregistrée en studio est directement celle de 84?
Il faut croiser ça avec les déclarations de Bruce au cours de cette année 2025.
Le tournage a commencé il y a exactement un an (28 octobre 2024) et s'est achevé début janvier 2025.
On a bien compris que les déclarations de Bruce sur l'existence des bandes d'Electric Nebraska étaient à géométrie variable depuis la fin du mois de juin date à laquelle il avait fait le buzz en confirmant leur existence (sur les titres d'une partie de l'album seulement). Cette déclaration ressemblait, avec le recul, à l'allumage du premier étage d'une fusée qui sera l'annonce quelques semaines après de la sortie de Nebraska Extended.
Quand Bruce a-t'il réellement redécouvert ces bandes ? Si c'est ultérieur au tournage de la scène de l'enregistrement de l'Electric BITUSA, il est compréhensible que pas grand monde ne pouvait savoir à quoi ressemblait alors cette version électrique de 1982.
Visiblement Bruce ayant été extrêmement présent lors du tournage, il aurait donné des indications plus précises s'il avait réécouté ces bandes de 1982 à ce moment là.
Le réalisateur a fait avec la seule version électrique que l'on connaissait alors. Celle définitive.
A mon avis c'était plutôt l'occasion de mettre son plus gros tube dans le film sans trop se soucier de l'exactitude historique...
Citation de arizojp le 1 novembre 2025, 19 h 50 minCitation de tofenko le 1 novembre 2025, 17 h 50 minÀ part moi, personne pour s’étonner du fait que la version électrique de Born in the USA enregistrée en studio est directement celle de 84?
Il faut croiser ça avec les déclarations de Bruce au cours de cette année 2025.
Le tournage a commencé il y a exactement un an (28 octobre 2024) et s'est achevé début janvier 2025.
On a bien compris que les déclarations de Bruce sur l'existence des bandes d'Electric Nebraska étaient à géométrie variable depuis la fin du mois de juin date à laquelle il avait fait le buzz en confirmant leur existence (sur les titres d'une partie de l'album seulement). Cette déclaration ressemblait, avec le recul, à l'allumage du premier étage d'une fusée qui sera l'annonce quelques semaines après de la sortie de Nebraska Extended.
Quand Bruce a-t'il réellement redécouvert ces bandes ? Si c'est ultérieur au tournage de la scène de l'enregistrement de l'Electric BITUSA, il est compréhensible que pas grand monde ne pouvait savoir à quoi ressemblait alors cette version électrique de 1982.
Visiblement Bruce ayant été extrêmement présent lors du tournage, il aurait donné des indications plus précises s'il avait réécouté ces bandes de 1982 à ce moment là.
Le réalisateur a fait avec la seule version électrique que l'on connaissait alors. Celle définitive.
A mon avis c'était plutôt l'occasion de mettre son plus gros tube dans le film sans trop se soucier de l'exactitude historique...
Citation de arizona le 2 novembre 2025, 0 h 17 minle gamin très bon me rappelle me rappele vraiment celui du Gtand bleu…
https://argoul.com/2018/04/01/le-grand-bleu-de-luc-besson/le-grand-bleu-bruce-guerre-berthelot-jacques-enfant/
le gamin très bon me rappelle me rappele vraiment celui du Gtand bleu…

Citation de Fabrice le 2 novembre 2025, 2 h 42 minCitation de arizojp le 1 novembre 2025, 19 h 50 minCitation de tofenko le 1 novembre 2025, 17 h 50 minÀ part moi, personne pour s’étonner du fait que la version électrique de Born in the USA enregistrée en studio est directement celle de 84?
Il faut croiser ça avec les déclarations de Bruce au cours de cette année 2025.
Le tournage a commencé il y a exactement un an (28 octobre 2024) et s'est achevé début janvier 2025.
On a bien compris que les déclarations de Bruce sur l'existence des bandes d'Electric Nebraska étaient à géométrie variable depuis la fin du mois de juin date à laquelle il avait fait le buzz en confirmant leur existence (sur les titres d'une partie de l'album seulement). Cette déclaration ressemblait, avec le recul, à l'allumage du premier étage d'une fusée qui sera l'annonce quelques semaines après de la sortie de Nebraska Extended.
Quand Bruce a-t'il réellement redécouvert ces bandes ? Si c'est ultérieur au tournage de la scène de l'enregistrement de l'Electric BITUSA, il est compréhensible que pas grand monde ne pouvait savoir à quoi ressemblait alors cette version électrique de 1982.
Visiblement Bruce ayant été extrêmement présent lors du tournage, il aurait donné des indications plus précises s'il avait réécouté ces bandes de 1982 à ce moment là.
Le réalisateur a fait avec la seule version électrique que l'on connaissait alors. Celle définitive.
La version album de BIUSA a été enregistrée en 1982, probablement dans la première semaine de mai. Il est probable que Springsteen ait tentée d'enregistrer de nouveau la chanson après la version "Electric Nebraska" et l'enregistrement "solo" studio (un essai de reproduire les démos telles qu'elles étaient mais en studio).
La légende qu'une fois le riff au synthé trouvé par Roy Bittan, la version définitive se soit très vite imposée.
La référence pour le film est le récit assez détaillé du livre Deliver Me From Nowhere.
Citation de arizojp le 1 novembre 2025, 19 h 50 minCitation de tofenko le 1 novembre 2025, 17 h 50 minÀ part moi, personne pour s’étonner du fait que la version électrique de Born in the USA enregistrée en studio est directement celle de 84?
Il faut croiser ça avec les déclarations de Bruce au cours de cette année 2025.
Le tournage a commencé il y a exactement un an (28 octobre 2024) et s'est achevé début janvier 2025.
On a bien compris que les déclarations de Bruce sur l'existence des bandes d'Electric Nebraska étaient à géométrie variable depuis la fin du mois de juin date à laquelle il avait fait le buzz en confirmant leur existence (sur les titres d'une partie de l'album seulement). Cette déclaration ressemblait, avec le recul, à l'allumage du premier étage d'une fusée qui sera l'annonce quelques semaines après de la sortie de Nebraska Extended.
Quand Bruce a-t'il réellement redécouvert ces bandes ? Si c'est ultérieur au tournage de la scène de l'enregistrement de l'Electric BITUSA, il est compréhensible que pas grand monde ne pouvait savoir à quoi ressemblait alors cette version électrique de 1982.
Visiblement Bruce ayant été extrêmement présent lors du tournage, il aurait donné des indications plus précises s'il avait réécouté ces bandes de 1982 à ce moment là.
Le réalisateur a fait avec la seule version électrique que l'on connaissait alors. Celle définitive.
La version album de BIUSA a été enregistrée en 1982, probablement dans la première semaine de mai. Il est probable que Springsteen ait tentée d'enregistrer de nouveau la chanson après la version "Electric Nebraska" et l'enregistrement "solo" studio (un essai de reproduire les démos telles qu'elles étaient mais en studio).
La légende qu'une fois le riff au synthé trouvé par Roy Bittan, la version définitive se soit très vite imposée.
La référence pour le film est le récit assez détaillé du livre Deliver Me From Nowhere.
