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Deliver Me From Nowhere (le film) : vos avis

Citation de Benoit le 28 octobre 2025, 12 h 56 min

Je suis allé voir le film hier soir (VOST), nous étions 6 dans une salle d’environ 160 places.

Pour faire simple, j’ai adoré ! Je me suis tout de suite plongé dans l’ambiance et le personnage, JAW est bon, très bon même je trouve. Sauf pour le jeu de guitare comme on l’a déjà évoqué ici… Et il n’est pas le seul, Stephen Graham est excellent dans le rôle du père tourmenté et Jeremy Strong incarne Landau de manière très juste, en tout cas selon l’idée que je me faisais de lui à travers diverses lectures. Le jeune garçon aussi, tellement bon dans ce jeu de regards avec le père.

La photographie du film est superbe, ils sont forts ces japonais (Masanobu Takayanagi) ! Je précise que ma femme est japonaise… 😊 Par contre je n’avais pas cette image de la maison de Colts Neck, plus modeste dans mon imaginaire.

Il y a quelques scènes qui ne collent pas avec ce qu’on peut lire notamment dans l’excellent Bruce de Peter Ames Carlin. Par exemple il est dit (page 408 pour ceux qui veulent relire la période Nebraska) : « Bruce et Landau apportèrent leur proposition de futur album à Walter Yetnikoff et Al Teller, les présidents respectifs de CBS Records Group et de Columbia, et furent soulagés de recevoir un accueil enthousiaste de la part des deux. » Dans le film Landau est seul à apporter la maquette et après l’écoute d’un morceau il ne reçoit pas vraiment un accueil « enthousiaste ».  Bref, passons.

Je ne sais pas si Clarence et Steve étaient très présents lors de cette période, pas certain toujours suivant le bouquin de Carlin. Par contre Mike Batlan, son technicien guitare, est lui bien là et son rôle semble assez fidèle à la réalité. Et Jon Landau bien sûr mais lui, il est important dans toute la carrière du Boss.

Voilà, pour moi le film retranscrit bien l’état d’esprit et les difficultés dans lesquels était Springsteen à l’époque. La scène chez le psy est bouleversante.

A la fin du visionnage, Pam aurait dit à Bruce: « Isn’t it wonderful we have this ».

Je ne sais pas ce qu’a répondu Bruce, il ne me l’a pas dit, but Yes Pamela, it’s wonderful !

Je pense que pour ce qui est des épisodes liés à la réalisation/production/commercialisation de Nebraska, le scénario se fie au livre de Zanes (qui est assez précis). Dans mon souvenir de lecture, l'accueil de Columbia est mitigée car le label attendait un disque pour capitaliser sur le succès de The River (ce qu'ils auront avec BIUSA) et aussi ne savent pas trop comment "vendre" le disque. Mais ils se laissent convaincre par Landau effectivement.

phil a réagi à ce message.
phil
https://www.facebook.com/French-River-81-100462135018927/?modal=admin_todo_tour

Il a fallu que Bruce pousse le Landau et qu’après le Landau pousse Columbia pour que ces derniers sortent le « bébé » de Bruce😉😉

phil, texas and 4 other users have reacted to this post.
philtexastranspiratorarizojpskipBenoit
Citation de Marc le 28 octobre 2025, 16 h 30 min

Il a fallu que Bruce pousse le Landau et qu’après le Landau pousse Columbia pour que ces derniers sortent le « bébé » de Bruce😉😉

Mais le Landau n'est jamais arrivé à Odessa !!!

Marc, transpirator and 2 other users have reacted to this post.
Marctranspiratorarizojpskip
Citation de BTR60 le 28 octobre 2025, 16 h 41 min

Mais le Landau n'est jamais arrivé à Odessa !!!

Odessa Young ?

Odessa, Texas ?

 

Fichiers téléversés :
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Citation de arizojp le 28 octobre 2025, 18 h 33 min
Citation de BTR60 le 28 octobre 2025, 16 h 41 min

Mais le Landau n'est jamais arrivé à Odessa !!!

Odessa Young ?

Odessa, Texas ?

Perso je miserais sur la "Jeune" Odessa ou/et sur celui-là :

https://www.youtube.com/watch?v=WCbUiFnjj9U

BTR60 a réagi à ce message.
BTR60

It was a joke 😉

Citation de arizojp le 28 octobre 2025, 19 h 52 min

It was a joke 😉

J’avais bien compris mais en fait j’ai un réel doute sur l’Odessa dont cause BTR60, les 2 sont possibles 😉

Si j’avais à parier je pencherais plutôt pour le cuirassé 🤔

Bien sûr, la célèbre descente d'escalier du film de Serguei Eisenstein

Marc a réagi à ce message.
Marc

C'est parfois grossier dans les effets (le noir et blanc, les affreux ralentis à la foire, la scène de dérapage bien cliché...), didactique (les scènes entre Landau et sa femme n'ont d'autre fonction que d'expliciter) et je ne suis pas très convaincu par JAW, bourré de tics façon actor's studio et trop laid pour incarner Springsteen (il serait en revanche idéal pour le biopic de Vincent Lindon).

Mais j'ai quand même bien aimé, j'ai trouvé ça courageux comme angle d'attaque du personnage Springsteen (cela aurait été encore plus fort de s'arrêter sur le plan de Bruce en larmes, sans l'épilogue), j'ai savouré le plaisir de nerd de voir  à l'écran la richesse de détails, de personnages et de lieux, connus à travers les bios, j'ai évidemment kiffé les -trop rares- scènes de concert et de studio, j'ai trouvé bien retranscrite la relation avec Landau (quoique l'acteur soit trop emprunté comme l'a très bien dit quelqu'un ici) et j'ai finalement été ému par la relation avec le père. A ce sujet, heureusement que tout n'est pas aussi caricatural que l'intro.

Dans l'ensemble, c'est honnête et plaisant si on est fan (curieux de savoir ce que j'en aurais pensé sans connaître Bruce mais impossible de faire abstraction). In fine, les enjeux psychologiques et créatifs sont exposés avec clarté -parfois un peu lourdement certes- donc on peut dire que le film atteint son objectif.

 

Si vous n’êtes pas fan de Springsteen, c’est quand même très très  long un film de 2 h à propos d’un type qui a seulement besoin d’aller voir un psy… (et aller voir un psy, soit dit en passant, c’est un autre boulot que juste fondre en larmes devant un homme mûr assis)

Bon, on a donc là un type dont on ne nous dit d’ailleurs rien, si ce n’est qu’il est chanteur à petit succès, un peu connu dans sa banlieue, qui gagne un peu de blé et qui semble se balader dans la vie comme un enfant qui vient de naître, à croire qu’il ne lui est rien arrivé entre son enfance et ses trente ans (pour un biopic qu’on prétend être resté trop sous l’emprise de son sujet, ce n’est pourtant pas exactement ça qui ressort de la lecture de l’autobiographie du Boss, la séquence 1949-1973 étant même largement la plus copieuse, la plus passionnante et la mieux écrite)… 

Cela dit, rien ne s’est passé comme prévu. Je pensais apprécier le sujet du film, la naissance de Nebraska, et ne pas arriver à supporter l’idée que Springsteen soit incarné par un acteur aussi peu ressemblant, et c’est tout l’inverse qui s’est produit : le film m’a semblé quand même plus que faible, mais j’ai bien aimé le mec, son jeu forcément très actor-studio, et sa dégaine pendant tout le film. Bon, là aussi il y a de l’anachronisme : pour moi qui m’y intéresse, il est habillé tout du long comme le Bruce de 1978, donnant l’impression que Darkness et The River n’existent pas et que Springsteen enregistre Nebraska au sortir de la tournée Born To Run. Idem, la fin est fantaisiste et invente une tournée 8 mois après la sortie de Nebraska qui ne s’est jamais produite, puisque Bruce n’est remonté sur scène qu’en 1984, après la sortie de BITUSA. Il y avait autrefois un pirate en vinyle qui circulait et s’appelait CANADA 1982; peut-être que dans une autre dimension, Springsteen a effectivement tourné au Canada en 82 ?!

Peu importe, quand Jeremy Allen White marche les mains dans les poches de son blouson, quand il rôde la nuit seul en voiture, quand il tourne des yeux pour regarder sur les côtés, c’est bien une certaine incarnation de Springsteen qu’on voit, même si elle est très incomplète, très focalisée sur un seul contexte. 

A la fin, le film est un produit bien étrange, on ne voit pas trop ce que les non-fans peuvent trouver d’intéressant dans l’histoire, et quant aux vrais fans, ils doivent faire le deuil de tellement d’aspects absents du film (pour commencer, l’entièreté de son personnage, son charisme qui en fait un meneur de troupe et un chauffeur de salle de première, le rire nerveux de Springsteen, déjà, pourtant omniprésent dans sa façon de parler, dans sa timidité, et même jusqu’à son sourire, élément incontournable de son charme, même déprimé (car figurez-vous, amis garçons, les yeux de chien battu ne suffiront jamais pour faire des conquêtes et briser des coeurs), autre absence, et quelle absence : le E-Street Band !!!! Et en particulier Steve et Clarence dont le traitement dans le film est proprement scandaleux, une véritable faute professionnelle, et pour finir, la présence physique sur scène particulièrement mal rendue dans les séquences au Stone Pony où Bruce ressemble seulement à un supplétif et à un amateur, bref, que d’erreurs et d’absences à l’arrivée…

Passons rapidement sur les autres défauts qui sont ceux habituels des biopics de commande : les flash-back en noir et blanc, la lourdeur psychologisante qui laisse accroire qu’un artiste a forcément eu une enfance horriblement traumatisante (le gamin joue très bien et lui ressemble bien plus que Jeremy Allen White, mais, même si sa relation avec son père était fort difficile, la nature du vécu traumatique que montre le film n’est pas du tout ce que raconte Bruce dans son auto-bio, ni en interview, ni jamais), les ralentis pesants, le ridicule des scènes d’écriture ou de composition, donnant l’impression que chez ces gens-là, il suffit de ramasser une guitare qui traîne pour pondre du premier coup un Nebraska ou un Like A Rolling Stone, et pire que tout, la licence artistique (plus encore scandaleuse que l’absence du groupe) consistant à fondre des personnages féminins réels en un seul caractère fictif, (vous êtes sérieux là, en 2025, les mecs ???), et qui plus est en en rajoutant dans le cliché populiste en faisant de la petite amie du Boss une fille-mère, serveuse dans un Dîner, alors qu’en 1982, Springsteen avait déjà été en couple avec des actrices, des intellos, des artistes, dont une immense photographe, Lynn Goldsmith, bien loin de ce scénario de bluette de téléfilm destiné à en rajouter dans son image populo. Là c’est franchement embarrassant, même s’il faut reconnaitre que là encore, Jeremy Allen White et Odessa Young offrent un bon moment de cinéma lors de la scène de rupture.

Bien aimé aussi la séquence où Bruce écoute Frankie Teardrop de Suicide couché par terre; en fait les meilleurs moments du film sont des petits bouts de clip comme ça qu’on attrape au vol et qui donnent l’impression que tout n’est pas raté, et c’est vrai. A se demander, Terrence Malick n’étant pas disponible, pourquoi ce n’est pas Thom Zimny qui a réalisé le film, puisque justement il aime tant imiter le style de Mallick, et qu’il est le réal officiel des clips du Patron.

Mais si on est sérieux, si on veut voir l’Amérique, les gens, l’atmosphère, les fringues et les bagnoles de ces années-là, il y a tellement de meilleurs films à voir ou revoir, à commencer par tous les Al Pacino des années 70, Serpico, Panique à Needle Park, L’Epouvantail, Un Après-Midi de Chien, et aussi le Récidiviste avec Dustin Hoffmann, Taxi Driver évidemment, et Vanishing Point et même jusqu’à Rocky, et bien sûr les trois premiers Mallick, etc etc etc, bref, le monde de Springsteen au cinéma il existait déjà. 

Mais si je ne veux pas être que dans la nostalgie, car je déteste ça, je dirai que je continuerai à suivre ce Jeremy Allen White du coin de l’oeil, il faut croire en la jeunesse et il ne démérite pas dans ce film un peu mal fichu, avec quelques bon moments.

Pour finir sur un truc marrant, l’acteur qui joue Landau, Jeremy Strong, jouait déjà le manager du jeune Donald Trump dans The Apprentice, et il le jouait exactement de la même façon ! A croire que Springsteen et Trump, aujourd’hui ennemis-jurés ont partagé le même mentor…