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ROLLING STONES

Je connaissais pas Grace Potter. J'écoute le dernier album et c'est vraiment sympa!

albop a réagi à ce message.
albop
I'm riding down kingsley, figuring I'll get a drink...

Un bonheur n’arrivant jamais seul, celui de la parution du nouvel album sera accompagné d’une parution d’archive. Et pas n’importe laquelle, puisqu’il s’agit du live de l’Olympia 95.

Il y a fort à parier que les deux autres concerts dans des petites salles de cette tournée 95 (« Brixton academy » et celui du “paradisio » d’Amsterdam suivront.

les rip des DVD’s existaient. Mais le triple vinyle sera bienvenue

 

 

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…in Heaven.

Avec la Gaga et Stevie Wonder en guest, le second single est juste magnifique

solo a réagi à ce message.
solo

effectivement Christophe , c'est magnifique

la mer n'est pas une poubelle , respectez-la !

C'est pas du tout le même son, ni le même jeu que Charlie. Steve Jordan tire le truc à lui et sort délibérément le groupe des années 70… il était peut-être temps. C'est bien produit par ailleurs et les invités sont prestigieux, mais la compo est quand même un peu banale et dure bien longtemps. L'album fait quand même vraiment envie !

Mouais... Bon morceau solo de Jagger qui me rappelle Let it Loose en moins bien. La Gaga n'est vraiment pas mon truc et le jeu de Charlie me manque.

Bonjour,

J'ai gagné une invitation pour aller écouter le dernier album des Stones demain soir, suivi d'une de "l'expérience immersive" "On stage with the Rolling Stones" à la Jam capsule au parc des expo, porte de Versailles. Est ce que certains d'entre vous y sont déjà allés ? C'était bien ? (j'hésite à y aller)

Bonne journée,

Yann

I'm riding down kingsley, figuring I'll get a drink...

…et bien ça y est, “Hackney Diamonds” est paru

chacun y trouvera son bonheur ou pas.
L’album est relativement court. Un disque “normal” quoi. 12 titres, dont un blues (“Muddy Waters blues”) d’à peine deux minutes trente en clôture.

Après 5 écoutes (depuis hier matin), je trouve qu’il y a beaucoup de choses à en dire.
Du très bien, du bien, du moins bien.
Chacun en fera sa critique et chacun aura son opinion.

Personnellement je trouve que l’ensemble est solide, cohérent, dense, riche.
Ambitieux.
Contemporain, très.
Autant qu’ancré profondément dans le passé.

Vivant.

et puis pour fêter ça, le groupe a fait un petit concert de 7 titres, dont 4 extraits du nouvel album, hier soir au Racket Club a NY

 

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Rejouissant

Je l'écoute depuis ce matin et pour le moment bof bof...

Ci-dessous la critique de Libé :

Mystères soniques

«Hackney Diamonds», les Rolling Stones croulent des mécaniques

Monstruosité rock-business, le 26e album studio des musiciens octogénaires est un disque complètement déconnecté et vide d’enjeux. Ses onze chansons inédites ressassent la légende et le vertige du groupe increvable.

par Olivier Lamm

La musique n’a jamais fini de naître. Elle naît encore en ce moment même. Et quand bien même elle est débordée par son passé, cette boursouflure envahissante jusqu’à boucher la vue de nos temps dits «rétromaniaques», s’en échappe encore des excroissances d’inouï. Ce sont ces protubérances aux formes inédites qui nous permettent de faire l’expérience du monde de manière plus vive et électrique. Le rock particulièrement, décédé 100 000 fois et qui a cessé de dominer la musique populaire il y a des lustres, a cette capacité de faire croire en un coup de feedback qu’il est la vie même, l’électricité qui circule dans nos muscles quand on danse ou l’on se lève le matin. Le rock, quand il est digne, et bon, donne l’impression de se faire entendre à nous pour la première fois. D’où l’étrangeté massive de Hackney Diamonds, 26e album studio des Rolling Stones, qui est le premier à ne contenir que des chansons inédites depuis A Bigger Bang il y a dix-huit ans, et dont la seule raison d’être semble de contredire cette évidence du rock comme étincelle de vie, dont l’unique propos serait «rien n’arrivera plus jamais pour la première fois», voire «le vrai est un moment du faux». Pas parce que Jagger est un lecteur de Guy Debord (ce qu’il a été), mais parce que ce disque est une monstruosité inattendue dans l’actualité de la pop qui nous subjugue jusqu’à nous faire douter du rôle de la musique enregistrée dans notre culture : un disque des Rolling Stones tellement factice et redondant qu’il nous hurle à chaque seconde qu’un nouveau disque des Rolling Stones ne sert à rien.

Ce n’est pas par hasard, théorise-t-on, que le premier extrait de l’album diffusé en septembre fut Angry. Morceau plein de mystères soniques, dont la voix de Jagger, gueulée en permanence (pour cacher son âge ?) et lissée par les années ou un autotune insaisissable, et surtout les chœurs qui l’accompagnent dans le refrain, choristes, fantômes ou IA, Angry est sans-âge, ni rétro ni moderne, et résolument artificiel. Son clip beauf et high-tech est d’ailleurs une faille temporelle en soi, virée en décapotable sur Sunset Boulevard et trip sur Memory Lane où la comédienne Sydney Sweeney en body tout skaï se dandine sous des panneaux publicitaires du groupe à travers les âges et les campagnes promotionnelles, réanimé par la grâce des images de synthèse. Si les Rolling Stones sont encore modernes, c’est dans leur capacité à confondre les décennies, à une époque où les revivals s’incrustent et se percutent, où plus rien ne s’efface et tout se brouille – et Hackney Diamonds est un kaléidoscope de toutes les époques traversées ou modelées par le groupe, un peu Beggars Banquet, un peu Dirty Work… Voilà où nous en sommes, semblent nous dire Mick, Keith, Ron et leurs fantômes (feu Charlie Watts, Bill Wyman venu jammer sur Live By The Sword, même ce pauvre Darryl Jones, toujours pas membre officiel après trente ans de bons et loyaux services) : aucune seconde de ce disque n’appartient tout à fait au temps présent, et nous faisons déjà partie de l’éternité.

Pépites au fond des poches

Pour cette audace et pour cet étonnant caprice d’album très tardif, les Rolling Stones, pour ce(ux) qu’il en reste, sont encore des explorateurs. A 80 ans et 79 ans passés, Mick Jagger et Keith Richards incarnent à la fois le groupe de rock le plus légendaire, et le plus résilient – fondé il y a soixante et un ans ! – de tous les temps. Une aberration qui n’est pas sans impliquer une pesanteur, et doit faire survenir d’étranges sentiments, de déconcertantes idées dans la tête. On ne peut soupçonner que Jagger et Richards n’y ont pas pensé, eux qui amorcèrent le divorce entre le rock’n’roll et la vie dès 1974 avec It’s Only Rock’n’Roll, premier de leurs hymnes à se regarder les pompes, mi-cynique, mi-honteux, déclarant la musique des Stones se suffisant à elle-même et donc séparée du monde, du réel, de l’actualité. Le début de la fin, comme ont pu l’envisager certains, même si le temps passé depuis (quarante-neuf ans !) rend discutable la fin en question. Il n’empêche que, de Satisfaction (1965) à Street Fighting Man (1968), on ne peut ignorer que Jagger et Richards entendaient alors faire plus encore que participer au monde, le changer. Et que les traumatismes en cascade – morts de Brian Jones et Gram Parsons, catastrophe d’Altamont, banqueroute, drogues dures, sevrages, rechutes etc. – ont bien fini par les renvoyer dans les cordes. Hubris, douche froide, chacun chez soi et les moutons seront bien gardés. Hackney Diamonds est le dernier produit en date d’un groupe devenu multinationale du rock comme mode de vie, feelgood et sans conséquence – toutes les générations sous le même ciel bleu et l’histoire du rock sur pause, avec pour seul nuage les rides qui se creusent sur le visage des momies (des rides du sourire, des «laugh lines», dixit Jagger tantôt à un vieux fan, auquel celui-ci répondit que «rien n’est si drôle pour creuser des rides si profondes») mais tant qu’ils ont la forme pour faire tourner la machine, qui s’en soucie ?

Hackney Diamonds, qu’est-ce que c’est que ce titre ? Un vieux mot d’argot londonien qui renvoie à ces éclats de verre laissés par les cambrioleurs après qu’ils ont brisé la vitre du domicile dans lequel ils sont rentrés par effraction. Preuve qu’ils arrivent encore à nos vieux briscards du Kent de se confondre avec des bad boys, et de rêver à s’encanailler. Pour ceux que ça intéresse, le quartier londonien d’Hackney, avant de subir une gentrification terminale, fut un haut lieu des raves et le quartier général de Throbbing Gristle, quatuor infernal qui inventa la musique industrielle et dont l’apport à la musique britannique reste l’un des plus toxiques et radicaux de tous les temps. Aussi, par coïncidence, Hackney est le nom de famille des trois frères afro-américains de Detroit qui inventèrent le punk américain avec les Stooges et le MC5. Leur groupe, Death, est un peu passé à l’as de l’histoire, et les Rolling Stones n’en ont peut-être jamais entendu parler.

Il n’empêche que quelque chose nous chiffonne dans la bizarrerie de ce titre, «les diamants d’Hackney», comme des pépites au fond des poches d’octogénaires parmi les musiciens les plus riches du monde, et qui sortent avec ce 26e blockbuster le plus déconnecté et ignorant de tous leurs disques, dans lequel plus rien n’existe d’autre que leur propre légende, leur propre répertoire, sur lequel ils ont calqué les riffs de ces douze «nouvelles chansons», à l’exception bien sûr de Rollin’Stone Blues de Muddy Waters, qui clôt l’album. Une reprise de l’inventeur du blues électrique à l’origine de toute la musique – et du nom, pardi – du groupe, dont un best-of permit à Jagger et Richards de s’aborder l’un l’autre sur le quai d’un train de banlieue un jour de 1961. Pour l’anecdote, les Stones tout jeunots, et fanboys, rencontrèrent Waters pour la première fois dans les studios de Chess Records où ils étaient venus enregistrer ce qui allait devenir Five by Five. Waters, dit la légende, était venu avec Willie Dixon pour repeindre le plafond, et Jagger était tellement impressionné qu’en chantant au micro, il ne pouvait s’empêcher de leur tourner le dos. Quelques décennies plus tard, et sept ans après l’album de reprises Blue and Lonesome, cet hommage ne saurait pourtant en être tout à fait un. Comme le «lips and tongue logo», le salut aux anciens du blues fait partie du barda des Stones et on aura du mal à croire, même en 2023, que le groupe, en terminant ainsi son disque, nous signifie qu’il ferme le ban.

Vieux niqueur épuisé

Hackney Diamonds, premier album des Rolling Stones terminé sans Charlie Watts, disparu le 24 août 2021 et qui n’aura eu le temps de jouer que sur deux chansons (Mess It Up et Live by the Sword) sera-t-il leur chant du cygne ? Une seule chanson en tout cas les voit jouer le jeu, à distance, de la méditation testamentaire. Jagger et Richards ne sont pas Dylan ni Cohen, encore moins Johnny Cash. Il n’empêche que Dreamy Skies, ballade à slide guitar, descendante décente de Sweet Virginia et, à notre humble avis, sommet très net du disque, raconte l’envie de «break», de Hank Williams à la radio et de «small town chatter» («bavardage au village») et qu’on en ressentirait presque de l’empathie, comme un appel au secours, «débranchez-moi tout ça». L’effet de contraste est saisissant avec Driving Me Too Hard, morceau de vieux niqueur épuisé par un ou une amante insatiable ou l’horrible Bite My Head Off, boogie punk monté sur un riff de basse fuzzée à la Satisfaction, vaguement réminiscent d’un Clash (Safe European Home) et dont on réalise au bout de quelques minutes qu’il est supposé nous faire frémir d’émotion puisque la basse y est tenue par Paul McCartney. Las, c’est surtout l’occasion de vérifier quel mal le producteur Andrew Watt, notamment aux manettes du dernier Iggy Pop, fait au rock des anciens dans le terrain miné du contemporain, avec ses YouTube, TikTok, iPhone et consorts. Le son de Hackney Diamonds vrombit, défouraille jusque très bas dans le spectre, file le mal des transports, et rend nostalgique de cette époque où les Stones se faisaient produire par Steve Lillywhite, ou Don Was avec les Dust Brothers – sans parler bien sûr de l’âge d’or avec Jimmy Miller – et songeur de ce que le groupe ferait avec un metteur en son plus digne, pourquoi pas Jack White, auquel le son de la bassline de Bite My Head Off, basse saturée, vraisemblablement transformée dans une pédale d’octaver, fait immanquablement penser.

Dans son livre The Sun & the Moon & the Rolling Stones, le critique et écrivain américain Rich Cohen raconte une discussion émouvante avec Keith Richards. S’étonnant que Cohen soit né en 1968, l’année de Beggars Banquet et Sympathy for the Devil, ce dernier l’interroge, et s’interroge : «Qu’est-ce que ça fait de vivre dans un monde où les Rolling Stones ont toujours existé ?» De facto les Rolling Stones et nous, dans notre majorité, ne vivons pas dans la même réalité. Comme les vétérans de la Seconde Guerre mondiale, ou des vampires qui auraient assisté à la chute des pharaons, ce qui est histoire pour nous fut une jeunesse pour eux. Comment s’entendre, se rencontrer, au temps présent ? Richards s’en inquiète sur Tell Me Straight, qu’il chante, débonnaire, malgré des paroles aux airs de crise mystique – «Est-ce que mon futur est coincé dans le passé ? Tout le monde a des questions à poser. J’en ai une ou deux.» Mais Hackney Diamonds n’est pas un disque de Keith Richards. C’est un disque des Stones, cette machine devenue inarrêtable le jour où les Glimmer Twins ont laissé derrière eux leurs premiers poids morts (Brian Jones, Andrew Loog Oldham). The show must go on, à tout prix. Laissons partir les emmerdeurs (Bill Wyman), outrepassons la mort (Charlie Watts). The show must go on, pulsion de vie, ou pulsion morbide. Vivre = travailler. Vivre = continuer. Se retirer de la scène, tel Bowie vers la fin de sa vie, est l’impensable. Les Rolling Stones ne mourront pas, tant qu’il leur sera possible de travailler, et sans doute même après. «Si la civilisation s’écroule en 2030, Keith Richards pourrait bien être encore vivant», nous a confié un collègue au sortir de l’écoute du disque chez Universal. Et c’est vrai que la musique peut bien mourir, et les Rolling Stones lui survivre, que ça ne nous surprendrait pas – en tout cas pas plus que ce disque incroyable.