We Shall Overcome: The Seeger Sessions

27/04/2006

1 Old Dan Tucker
2 Jesse James
3 Mrs. McGrath
4 O Mary Don’t You Weep
5 John Henry
6 Erie Canal
7 Jacob’s Ladder
8 My Oklahoma Home
9 Eyes On The Prize
10 Shenandoah
11 Pay Me My Money Down
12 We Shall Overcome
13 Froggie Went A Courtin’

Pour la petite histoire, voici comment Bruce Springsteen rencontra le groupe la première fois : il organisa une fête chez lui, après la tournée “The Gost of Tom Joad”, en septembre 1997, et avait besoin pour cela d’un petit groupe typé “country”. Soozy Tyrell, violoniste amie de longue date de Patti Scialfa, lui avait parlé d’un groupe “The Gotham Playboys” dans lequel elle jouait occasionnellement. Alors qu’ils jouaient dans la maison, Jessica, la fille trouva les sonorités particulièrement joyeuses ce qui poussa Springsteen à expérimenter dans le style. Sentant que ces musiciens pouvait apporter, il les recontacta pour l’enregistrement de “We Shall overcome”, un titre choisi pour figurer sur un album hommage au chanteur folk, Pete Seeger. Il compléta le line-up avec d’autres musiciens de sa connaissance. 7 titres avaient été mis en boite durant ces sessions. Le groupe joua pour d’autres fêtes chez le boss en 1998 et 2000.

Bien plus tard, après la fin de la mini tournée “Vote For Change”, il fut question de sortir un TRACKS 2, et les 6 chansons restantes des “We Shall Overcome” Sessions en faisaient parti. Mais, après quelques discussions avec Jon Landau, l’idée d’en faire un album fit son chemin. Afin de compléter la liste des morceaux, Springsteen invita à nouveau les musiciens le 19 mars 2005, juste avant de partir en tournée pour le “Devils and Dust” Tour. On n’enregistra que “9” morceaux ce jour là.

Puis à son retour de tournée, le boss et le “SSB” finirent l’album. Cette dernière session, de janvier 2006 fut filmée, tout comme celle de 2005.
Il semble que tout l’album soit enregistré chez Bruce (dans le New Jersey), entre le séjour et le hall selon le livret (et les vidéos jointes).

Lors de la tournée “SSB”, de nouveaux morceaux, probablement essayer dans les sessions d’enregistrement, firent leur apparition comme “How Can A Poor Man Stand Such Times And Live?”, “American Land” ou “Long Walk Home”. D’anciens titres du Boss furent aussi ré-arrangés avec succès. Le groupe subit aussi des changements, spécialement entre la partie américaine et la partie européenne, au niveau des cuivres.

L’album fut une surprise. D’abord parce que Springsteen sortait à peine du Devils and Dust Tour et il passait à un rythme inhabituellement rapide. Ensuite, c’est un album de reprises, l’unique à ce jour. Il faut quand même préciser que la filiation avec Pete Seeger n’était pas évidente pour Springsteen tant le chanteur folk avait fait de reproches au rock’n’roll, notamment quand Dylan était passé à l’électrique en 1965. Seeger lui-même se dit très honoré et le disque très bien reçu par la critique reçoit le Grammy Award du meilleur album catégorie folk traditionnel.

Comme son prédécesseur, l’album a été publié en DualDisc (une face CD, une DVD). Cette version contient 2 bonus sur le DVD, Buffalo Gals et
How Can I Keep from Singing?. Une version dite “American Land Edition” voit ses bonus portés à 5 titres avec Buffalo Gals, How Can I Keep from Singing, How Can a Poor Man Stand Such Times and Live?, Bring ‘Em Home et American Land.

A l’écoute du disque, on sent un réel plaisir partagé entre les musiciens. Comme précisé dans les notes par Springsteen, c’est du LIVE. Malgré un son exubérant, carnavalesque, gospel ou folk, les thèmes de certains morceaux comme la chanson titre ou Mrs McGrath ont une résonance particulière dans l’actualité. Une incursion dans le répertoire parfois ancien de la chanson américaine comme pour se rappeler les fondamentaux.

Merci à J99!

Les notes du livret

In 1997, I recorded « We Shall Overcome » for Where Have All The Flowers Gone: The Songs Of Pete Seeger. Growing as a rock’n’roll kid I didn’t know a lot about Pete’s music or the depth of his influence. So I headed to the record store and came back with an armful of Pete Seeger records. Over the next few days of listening, the wealth of songs, their richness and power changed what I thought I knew about « folk music. » Hearing this music and our initial ’97 session for Pete’s record sent me off, casually at first, on a quest.

Through Soozie Tyrell, violonist with the E Street Band, I met a group of musicians out of New York City who played at a fiesta in the field at our farm. Accordion, fiddle, banjo, upright bass, washboard, this was the sound I was looking for, for the project for Pete. I wanted the sound of a bunch of people just sitting around playing. After a few phone calls we set up next to one another in the living room of our farm house (horns in the hall). ‘Till that moment we’d never played a note together. I counted off the opening chords to « Jesse James » and away we went. It was a carnival ride, the sound of surprise and the pure joy of playing. Street corner music, parlor music, tavern music, wilderness music, circus music, church music, gutter music, it was all there waiting in those songs, some more than one hundred years old. It rocked, it swung, it rolled. It was a way back and forward to the informality, the freeness and the eclectism of my earliest music and then some.

This is a LIVE recording, everything cut in three one-day sessions (’97, ’05, ’06) with no rehearsals. All arrangements were conducted as we played, you can hear me shouting out the names and instruments of the players as we roll. This approach takes the listener along for the whole ride, as you hear the music not just being played but being made. So, turn it up, put on your dancin’ and singin’ shoes, and have fun. We did. Here’s the Seeger Sessions. Pete thanks for the inspiration!

Bruce Springsteen
March 6,2006

En 1997, j’ai enregistré « We Shall Overcome » pour « Where Have All The Flowers Gone: The Songs Of Pete Seeger ». Ayant évolué dans le rock’n’roll, je ne connaissais pas grand chose de la musique de Pete ni de la profondeur de son influence. Alors je me suis rendu chez le disquaire et en suis revenu les bras chargés de disques de Pete Seeger. Au cours des quelques jours d’écoute qui ont suivi, le grand nombre de chansons, leur richesse et leur puissance ont changé l’idée que j’avais de la folk. L’écoute de cette musique et notre première session en 1997 pour l’album de Pete m’ont embarqué, d’abord sans que je n’y fasse attention, dans une quête.

Par l’intermédiaire de Soozie Tyrell, la violiniste qui joue avec le E Street Band, j’ai rencontré un groupe de musiciens de New York qui avaient joué à une fête qui se déroulait dans un champ chez nous. Accordéon, violon, banjo, contrebasse, washboard, voilà le son que je recherchais, pour le projet dédié à Pete. Je voulais ce son produit par un groupe de gens assis en cercle à jouer de la musique. Après quelques coups de fil, on en a organisé une autre dans le salon de notre corps de ferme (les cuivres dans l’entrée). Jusqu’à cet instant nous n’avions jamais joué ne serait-ce une seule note ensemble. J’ai décompté les accords d’ouverture de « Jesse James » et nous voilà lancés. Ce fut une véritable parade de carnaval, le bruit de la surprise et la joie sans artifice de jouer de la musique. De la musique de rue, de petit salon, de taverne, des grands espaces, de la musique religieuse, de la musique des bas-fonds, voilà tout ce qui nous attendait dans ces chansons; certaines avaient plus de 100 ans. Ça rockait, ça swinguait, ça envoyait. C’était à la fois un pas en avant et un en arrière vers la décontraction, la spontanéité et l’éclectisme de la musique de mes débuts et bien plus encore.

Il s’agit d’un enregistrement LIVE, tout a été fait en trois sessions d’une journée (1997, 2005, 2006) sans aucune répétition. Tous les arrangements ont été menés pendant que nous jouions. On peut m’entendre crier les noms des musiciens et leurs instruments au milieu du morceau. Cette approche emporte l’auditeur dans un grand voyage, puisqu’on entend la musique non pas en train d’être jouée mais au moment où elle est fabriquée. Alors, mettez le volume à fond, enfilez vos chaussures de bal, et amusez-vous tout comme nous. Voilà les Seeger Sessions. Pete, merci de nous avoir inspiré.

Bruce Springsteen
le 6 mars 2006

Merci à Laure!